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17 septembre 2020 4 17 /09 /septembre /2020 09:55
Le grand âge, un punching-ball?

 

(lu dans Le Monde du 16/9/2020)

« Il s’agit de dégager des marges de manœuvre pour l’Etat et la Sécurité sociale à hauteur de 6 milliards d’euros d’ici à 2024. Ce montant correspond au besoin estimé par le rapport remis à l’exécutif en mars 2019 par Dominique Libault ( Président du Haut Conseil du financement de la protection sociale), pour financer une future loi en faveur du grand âge…

Une idée dont le coût politique pourrait être élevé : la réduction de moitié du plafond de l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite… cet abattement « n’a guère de justifications », avait estimé la Cour des comptes en 2011. Sa réduction de moitié dégagerait une recette fiscale de 1,5 milliard d’euros d’ici à 2025. L’alignement de la CSG des retraités les plus aisés (8,3 %) sur celle des actifs (9,2 %) est aussi mentionné dans le rapport. ».

 

Une fois de plus, « Haro sur le baudet ». Cible facile, ces manants de retraités qui ne peuvent ni faire grève ni beugler indéfiniment dans les rues leur ras-le-bol de se voir systématiquement tondre la laine sur le dos. N’ont-ils pas participé durant toute leur période d’activité à toutes les ponctions contributives auxquelles ont recouru tous les gouvernants successifs ? Et exception faite de ceux qui disposent d’un réseau protecteur, ne contribuent-ils pas pécuniairement à soutenir ceux de leur progéniture frappés par le chômage, (et disons le nettement, il y a légion en la matière) ? N’oublions pas non plus les nombreux retraités qui participent au bénévolat sous toutes ses formes. Cela n’est-il pas déjà une contribution à l’action sociale dont la tâche revient en principe à l’Etat ?

Mais dans son insatiable prodigalité et ses largesses clientélistes, le pouvoir n’a de cesse de frapper là où les troubles sociaux risquent moins de lui sauter à la face. Gare aux gilets jaunes!

Or, n’y aurait-il pas, avant de systématiquement s’attaquer aux plus faibles, d’autres sources de financement plus rentables et socialement plus justes, outre le puissant symbole que cela représenterait pour la solidarité ?

Citons quelques pistes :

Las actionnaires des entreprises cotées au CAC 40, à Paris, ont touché 60 milliards d’euros de liquidités en 2019, à savoir 49,1 milliards sous forme de dividendes et 11 milliards en rachats d’actions, soit 12 % de plus qu’en 2018. Signe évident de la bonne santé de ces entreprises qui avaient dégagé des profits s’élevant à 88,5 milliards d’euros en 2018, contre 68 milliards en moyenne sur les dix dernières années.

Ne voilà-t-il pas une piste à explorer sans grand risque ? Et ne cédons pas au chantage selon lequel cela risquerait de voir les capitaux s’expatrier. On sait au contraire que l’'attractivité de la France a continué à s'améliorer en 2019, avec un nombre record de décisions d'investissement et d'emplois créés par des entreprises étrangères. L'an dernier, le pays a enregistré 1.468 nouvelles décisions d'investissement étranger, soit une progression de 11% par rapport à 2018 (1.323 décisions), 

Autre piste : la suppression de l’Impôt sur la fortune mobilière a fait perdre à l’Etat plus de 3 milliards d’euros. Quant à l’instauration de la flat tax, (plafonnement de l’impôt sur les revenus du capital) elle fera gagner aux 100 premiers contribuables à l'ISF en moyenne 582.380 euros par an chacun, donc autant de manque à gagner pour l’Etat.

Enfin, signalons le scandale que représente la dite « optimisation fiscale » qui n’est rien d’autre qu’une fraude fiscale légale offerte aux plus riches, et les niches fiscales qui l’accompagnent.

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10 septembre 2020 4 10 /09 /septembre /2020 10:41
La peur ou le respect?

Lettre à Natacha Polony.

 

Vous écrivez  dans « Marianne » du 4 au 10/9/2020:

« Une liberté … n’existe pas si on ne l’applique pas, que ce soit par respect des croyances des autres ou par peur ».

Or, me semble-t-il, en l’occurrence, il y a facilement tendance à confondre la peur et le respect d’autrui.

« On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ». Et Pierre Desproges ou Guy Bedos savait le faire avec beaucoup de doigté. Il y a là une question de savoir-vivre, on dit aujourd’hui du vivre-ensemble.

Chacun a pour lui-même une part de sacré, famille, parents, disparus, patrie ou croyance, qu’il entend préserver de la trivialité. Et en faire publiquement des gorges chaudes pourrait être vécu comme une blessure.

Que Charlie-hebdo pratique la dérision en tous domaines et sans limites reste du ressort de la liberté telle que vous la concevez. Personne n’est contraint de l’acheter ou de le lire. Mais imposer cet exercice en public sans restriction relèverait de mon point de vue de la goujaterie. Où est la peur ?

Dans le même registre, un cinéaste ou un écrivain pourrait librement imaginer une vie de Jésus ou de Mahomet qui aurait fréquenté dans sa jeunesse les bordels puis aurait épousé une sado-masochiste, à chacun la liberté de s’y intéresser . Mais l’infliger à tout public relèverait là encore d’un abus.

Jadis, on lisait sur les murs : « Défense de cracher » ou « Défense d’uriner ». Ces prescriptions ont disparu. Est-ce à dire que cela est désormais possible ?

La loi ne règle pas tout.

Je citerai pour conclure ce que le philosophe André Comte-Sponville écrit dans « Le capitalisme est-il moral » Editions Albin Michel. p 52-53) :

« Imaginez un individu parfaitement respectueux de la légalité du pays dans lequel il vit, qui ferait toujours tout ce que la loi impose, qui ne ferait jamais ce que la loi interdit – le parfait légaliste. Mais qui s'en tiendrait à cette unique détermination …

Aucune loi n'interdit le mensonge… l'égoïsme … le mépris …  la haine … la méchanceté.

Si bien que notre individu parfaitement légaliste pourra, en toute légalité républicaine, être menteur, égoïste, plein de haine et de mépris, en un mot méchant. Qu'est-ce que ce sera d'autre qu'un salaud légaliste? »

Est-ce dans une telle société que nous voulons vivre ? Pour moi en tous cas, certes non.

Mais allons plus loin. Qui les dessinateurs de Charlie-hebdo brocardaient-ils ?  Pas Mahomet qui se plaint, mais les « cons » que sont les islamistes qui se cachent derrière son culte pour imposer la charia contre les lois de la République. Il s’agit donc de politique et de terrorisme, et on est loin des questions de religion et donc d’islamophobie, n’en déplaise aux idiots utiles.

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2 septembre 2020 3 02 /09 /septembre /2020 14:02
Qui est Charlie?

Le 2 septembre 2020 s’ouvre le procès des attentats commis en janvier 2015 et qui avaient provoqué la mort de 17 personnes, dont des journalistes de Charlie-hebdo qui avaient caricaturé Mahomet. Dans le banc des accusés, 14 personnes soupçonnées d’avoir aidé à différents degrés d’implication les frères Kouachi et Coulibali, auteurs des attentats.

A cette occasion, l’hebdomadaire reproduit les caricatures incriminées. Et du coup réapparaît le débat sur la question du blasphème, et plus largement de la liberté d’expression et de critique.

Dans la France républicaine et laïque, le blasphème n’existe pas, et le droit de critiquer ou de caricaturer toute religion est libre. Mais que met-on dans ce concept de liberté ? Pas tout et n’importe quoi. Il y a la loi, mais il y a aussi ce qu’on appelle le savoir-vivre, on dit aujourd’hui le vivre-ensemble.

Par exemple, on ne voit plus aujourd’hui affiché sur les murs des villes « Défense de cracher » ou « Défense d’uriner ». Cela signifie-t-il que cela serait désormais toléré ? Entre gens de bonne compagnie, certes non.

Il y a donc la loi, mais aussi la bienséance qui n’est l’apanage ni de « la Haute » ni des « petits bourgeois », mais simplement la règle qui fait que sans cela, «  l’enfer c’est les autres » (J.P. Sartre dixit)

Personne n’est obligé d’acheter ou de lire Charlie-Hebdo. Donc, nul ne peut prétendre avoir été personnellement et volontairement  blessé par l’hebdomadaire qui a librement exercé son droit à l’expression.

En revanche, quand la jeune Mennel Ibtissem conforte publiquement des thèses complotistes et tient des propos injurieux contre l’Islam, ou que la lycéenne Mila emploie des termes scabreux sur les réseaux sociaux ouverts à tous, elles franchissent une limite qui contrevient à la bonne conception de la liberté d’expression. Qu’elles le veuillent ou non, elles s’expriment sur la voie publique exposée à tous.

Jadis, Boris Vian avait écrit « J’irai cracher sur vos tombes », livre qu’on était libre d’acheter et de lire ou pas. Liberté d’expression encore, pleine et entière. Mais serait-il passé publiquement à exécution qu’il aurait mérité la réprobation publique.

De même, un artiste peut dessiner, peindre, sculpter Jésus sous toutes les formes les plus scabreuses s’il s’en sent inspiré, mais en imposer la vue au public serait une perversion de l’idée de liberté.

Blesser autrui dans ce qu’il a de plus sacré n’est interdit par aucune loi, mais quid du savoir-vivre et du respect de l’autre ? Ou bien, faudrait-il laisser à chacun libre cours aux instincts les plus débridés, au nom de la liberté ? Serait-ce l’aube d’une nouvelle barbarie ?

Il ne faut voir aucune auto-censure dans cela, mais un souci de faire régner la paix sociale.

Pour revenir à un peu plus de sagesse, relisons attentivement ce qu’a écrit le philisophe André Comte-Sponville dans « Le capitalisme est-il moral ? » Editions Albin Michel. p 52-53) et qui pourrait nous servir de vade mecum :

« Imaginez un individu parfaitement respectueux de la légalité du pays dans lequel il vit, qui ferait toujours tout ce que la loi impose, qui ne ferait jamais ce que la loi interdit – le parfait légaliste. Mais qui s'en tiendrait à cette unique détermination. Et essayons de voir ce qu'il pourrait en advenir …

Aucune loi n'interdit le mensonge - sauf dans quelques circonstances, par exemple commerciales ou contractuelles particulières. Cela peut dépendre de la fonction qu'on exerce. Peut-être arrive-t-il à tel ou tel d'entre vous, s'il vient à mentir dans le cadre de son métier, de violer aussi, par là même, telle ou telle loi. Je ne sais pas; je ne veux pas le savoir. Mais je sais que moi, lorsque je mens (ce qui m'arrive rarement, mais qui peut m'arriver parfois, comme à tout le monde), je ne viole aucune loi.

Aucune loi n'interdit l'égoïsme.

 Aucune loi n'interdit le mépris.

Aucune loi n'interdit la haine.

Aucune loi n'interdit - c'est aussi bête que cela - la méchanceté.

Si bien que notre individu parfaitement légaliste pourra, en toute légalité républicaine, être menteur, égoïste, plein de haine et de mépris, en un mot méchant. Qu'est-ce que ce sera d'autre qu'un salaud légaliste? »

(André Comte-Sponville : « Le capitalisme est-il moral ? » Editions Albin Michel. p 52-53)

Qui dit mieux?

 

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29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 15:14
Etre et savoir

« La France paye aujourd'hui I'abandon de son école… nous avons plus que jamais besoin d'une école fondée sur l'exercice de la raison….

Professeurs, nous avons besoin que vous retrouviez cette fierté d'œuvrer pour la nation, et en particulier pour ses enfants les plus fragiles. Nous avons besoin que vous soyez persuadés que chaque jour de transmission des savoirs est un jour essentiel de progrès des Lumières ».

( Natacha Polony in Marianne du 28 août au 3 septembre 2020)

Natacha Polony a mille fois raison. De réformes en changements répétitifs, l’enseignement en France a tendu à devenir un fourre-tout où se sont côtoyé des méthodes de bricolage ludique et des moyens mnémotechniques pour éviter des fautes d’orthographe d’usage, si ce n’est des recettes de macramé ou de cuisine orientale.

Mais il est arrivé aussi de façon caricaturale que le monde enseignant se soit voulu résolument scientifique, armé de son jargon particulier. Ainsi, il faut se souvenir :

Des conseils pour enseigner à « l’apprenant » ( pour les non-initiés : élève) à jongler avec « l’objet bondissant », (pour le béotien : ballon) ou à progresser par mouvements synchronisés « au sein de l’élément aquatique » (pour le quidam beat : piscine). Et ainsi, tout à l’avenant.

On ne rejoue pas « les précieuses ridicules » impunément. A trop vouloir faire l’ange, on finit par faire la bête.

Et de surcroît, il fallait que nos chères progénitures acquièrent sans faillir toutes les notions des mathématiques modernes et de la linguistique structurale.

Puis, avec la démocratisation de l’enseignement et le collège pour tous, on a cherché à mettre l’école à la portée de tous non pas en perfectionnant ou en diversifiant les méthodes mais en adaptant les contenus ou en en modifiant les programmes pour en faciliter l’acquisition aux élèves les plus défavorisés. C’était la bataille entre scientifiques et pédagogistes. Et pour ces derniers, l’élève devenait son propre maître, capable de s’approprier les connaissances par ses propres moyens. L’autorité disparaissait au profit de la sympathie entre partenaires. La démocratie s’installait dans la classe. Mieux (ou pire), on adaptait le savoir au niveau des élèves plutôt que de s’efforcer de les élever au plus haut niveau de la culture. Aux oubliettes l’effort, place aux jeux. Casser le thermomètre plutôt que de lutter contre  la température.

On en constate tous les jours les dégâts. De lucides observateurs, enseignants ou chercheurs tels Mara Goyet ou Emmanuel Brenner et Georges Bensoussan en ont produit des livres éclairants ou ont sonné l’alarme. Et il est arrivé que par paresse on les accusât de réactionnaires. D’autres ont manié l’ironie ou la dérision. N’a-t-on pas entendu Luc Ferry alors ministre de l’Education nationale accuser ces empêcheurs de tourner en rond de vouloir « gardarem lou Balzac » (sic) ? Bref, de rances conservateurs.

Or, on oublie trop aisément que l’école n’est pas une démocratie, mais le lieu de son apprentissage. Il y a quelqu’un qui sait, et qui est chargé de le faire découvrir aux autres qui apprennent. Et l’enseignement ne se pratique pas sans une certaine autorité.

Il faut que l’Ecole retrouve sa fonction légitime qui est d’élever les jeunes qui lui sont confiés à la culture et au savoir pour éveiller en eux la conscience et l’esprit civique qui en font les membres d’une même Cité.

Vive la République laïque une et indivisible.

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26 août 2020 3 26 /08 /août /2020 09:56
A bas les masques?

Jadis, lorsque la Sécurité sociale fut créée, les travailleurs indépendants refusèrent au nom de leur liberté de devoir y être affiliés. Plus près de nous, la vaccination infantile obligatoire, l’obligation de l’assurance automobile , puis celle de la ceinture de sécurité, la lutte contre l’alcoolisme et récemment la limitation de la vitesse auto à 80km/h sur les voies secondaires, toutes ces mesures de sécurité collective ont trouvé inévitablement sur leur chemin de nombreux et farouches opposants  au nom de la liberté individuelle.

Aujourd’hui, le psychodrame se rejoue avec l’idée du port obligatoire du masque pour lutter contre la propagation de l’épidémie de covid-19. Les pouvoirs publics sont soupçonnés d’on ne sait quels complots ou de volonté liberticide. On les somme de laisser les citoyens libres de se déterminer selon leur propre appréciation des risques encourus. Bref, il ne reviendrait pas à l’Etat de limiter d’aucune sorte le libre arbitre des individus.

Or, on oublie un peu rapidement que le devoir qui s’impose à l’Etat n’est pas l’organisation de la vie personnelle de chacun, mais la bonne administration de ses services pour la sécurité des citoyens. Et la Santé fait partie de cette gestion. Pour assurer son bon fonctionnement, il lui revient d’en bien maîtriser les dépenses. Donc d’en bien contrôler les besoins : budget, moyens personnels et matériels, structures de soins et d’accueil. Cela lui impose nécessairement de limiter autant que faire se peut tout ce qui risquerait d’entraîner des coûts exorbitants. D’où la réglementation contre les risques d’accidents de toutes sortes menaçant le service de santé de banqueroute. Nous voilà replacés dans les mesures contraignantes évoquées plus haut.

Le dilemme posé consiste à choisir entre une liberté individuelle absolue et toutes ses conséquences ou une sécurité encadrée de règles passablement contraignantes. On constate une fois de plus que selon l’adage connu prêté à Lacordaire, « dans un monde totalement libre, c’est la liberté qui opprime et la loi qui protège ».

 

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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 10:05
l'Afrique, bâteau ivre?

La France en Afrique pour tenter d’abattre le dit Etat islamique (Daesh) et éradiquer le terrorisme islamique en poursuivant les opérations Serval et Barkhane, une nécessité certes. Il y va à long terme de la sécurité du continent, et au-delà de celle de l’Europe. Aussi aurait-on aimé y voir une participation plus conséquente des partenaires européens aux côtés de la France. Où est dans ce contexte l’Europe dont voilà une fois de plus une occasion perdue d’en prouver la réalité.

Mais en supposant l’objectif atteint, quoi après ? A-t-on une vision à long terme de ce que deviendra l’Afrique, y verra-t-on de véritables états stables et délivrés de ces interminables et répétitifs coups d’états délaissant les populations dans une précarité et un dénuement perpétuels ?

A-ton tiré des leçons de ce qu’il est advenu des interventions en Irak, en Afghanistan, en Libye ou en Syrie ? Sans vision à long terme, Serval puis Barkhane ne seront-elles pas condamnées au même enlisement , et l’Afrique au perpétuel chamboulement ? Et où sont les politiques et les intellectuels africains sur lesquels les stratèges pourraient s’appuyer pour entreprendre le redressement du continent ?

Après la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis avaient proposé aux pays européens matériellement et économiquement ruinés un plan Marshall qui visait à leur reconstruction matérielle et à leur redressement économique. Certes, il n’y avait pas là beaucoup de philantropie ou de désintéressement. Il s’agissait d’éviter que l’Europe réduite à la misère ne sombre tout entière dans le camp communiste, et  qu’elle puisse se redresser au point de présenter un marché ouvert à l’économie américaine. Les dollars prêtés aux européens devaient leur permettre d’acheter américain.

Mais ce plan a largement profité aux européens de l’ouest dont le redressement fut effectif.

Ne pourrait-il pas y avoir une telle démarche, une sorte de « plan Marshall » pour l’Afrique ?

Mais la France seule en a-t-elle les moyens ? A l’évidence, non. Mais l’Europe ? Encore une chance à saisir pour en démontrer la réalité et l’efficacité.

Là encore, au-delà de toute motivation philantropique, il faut y trouver un intérêt stratégique. C’est la fin du chaos politique et économique qui mettra fin aux vagues d’émigration de l’Afrique vers l’Europe avec les drames humains, les désordres sociaux et économiques qu’elles provoquent. Il y va de l’intérêt de l’Europe elle-même. Il suffit de réfléchir à ce que furent naguère les déplorables naufrages d’émigrants au large des côtes espagnoles, italiennes ou grecques. Et pourquoi pas un marché africain développé faisant pendant au marché chinois fort asymétrique ?

Mais y a-t-il de la part des partenaires européens une volonté affirmée à voir tous ces problèmes résolus ? Les vieilles habitudes n’entraînent-elles pas les vieux réflexes ? Question génante en suspend.

 

 

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14 août 2020 5 14 /08 /août /2020 09:41
Repentance

Il y a déjà le rappel de la colonisation, de l’esclavage et des discriminations en tous genres, ainsi que l’exigence de repentance qui va avec. Déboulonnage de plaques de rues et de statues, revendications du CRAN, des Indigènes de la République, des Décoloniaux pour amener les Etats à la résipiscence. Et voilà désormais les entreprises contraintes de se frapper la poitrine pour expier les actes esclavagistes de leurs antiques fondateurs ou prédécesseurs et de consentir à des indemnités conséquentes (et trébuchantes).

Bref, faire rendre gorge aux méchants exploiteurs que sont les Etas colonisateurs, en oubliant au passage les marchands d’esclaves barbaresques ayant jadis écumé les côtes d’Afrique.

La mode étant soudain de confesser les fautes de ses ancêtres véritables ou supposés et de les expier, ne verra-ton pas sans tarder se manifester l’exigence  des antispécistes envers les épicuriens que nous sommes d’une honteuse repentance d’avoir dépecé et fait griller de grasses poulardes, de paisibles cailles ou d’autres rondouillettes volailles dans des fours ou rôtissoires high tech ? Un génocide « d’animaux non humains » (sic) en somme !

Allons plus loin, avec le sourire of course.

Ainsi, par exemple en commençant par le sommet des Etats, Juan Carlos d’Espagne, aujourd’hui le plus direct représentant de la dynastie des Bourbons ne devrait-il pas demander pardon, vêtu de bure, la corde au cou et les pieds nus, pour les supplices imposés jadis par ses ancêtres, dont Louis XV roi de France au Chevalier de la Barre ou à Damien ?

Vraiment, jusqu’où peut mener l’oisiveté ou la vacuité chez les orphelins des Utopies? Ou alors, concurrence à la victimisation ? Quête de notoriété ?

 Pour revenir à plus de raison, posons que « la première réparation, c’est la réparation de la connaissance ». (dixit l’historien Pape Ndiaye). Il faut laisser les historiens faire leur travail en toute sérénité. Quant à la gloire des hommes, « Sic transit gloria mundi ».

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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 17:42
Utilitarisme

« Les personnes âgées ont eu un accès restreint à la réanimation ». (Le Monde du 30/7/2020).

Lors de l’apparition de l’épidémie du covid-19 vite devenue pandémie, il apparaissait déjà qu’en Italie, faute de places suffisantes en réanimation, un tri était opéré parmi les victimes en laissant de côté les plus âgés et les personnes les plus fragiles.

En France, l’idée tend à s’imposer qu’en cas de nouveau confinement, il conviendrait de ne l’imposer qu’aux personnes les plus fragiles, à savoir principalement les plus de 65 ans et les personnes atteintes d’affections graves. Mais déjà, le journal Le Monde révèle l’information ci-dessus.  Ainsi donc sont ciblés les non-actifs, bref les « inutiles », ceux qui ne sont pas indispensables à la marche de l’économie. Economisme un jour, économisme toujours !

A considérer la société selon ces critères sélectifs plus ou moins eugénistes, ne conviendrait-il pas dans la foulée, et puisqu’on priverait certaines catégories de leurs droits les plus élémentaires , de les exonérer de toute contribution fiscale justement destinée à la satisfaction des besoins sociaux ?  Voilà du donnant-donnant. A chacun son devoir selon son dû.

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8 juillet 2020 3 08 /07 /juillet /2020 08:15
Rumination à perpétuité

Parce que Madame Virginie Chillou-Atrous, maîtresse de conférences à Nantes, classée première par le comité de sélection a été nommée à l’Université de la Réunion sur un poste d’histoire de l’esclavage, de l’engagisme et de l’économie sucrière en remplacement d’un historien réunionais décédé, elle se retrouve la cible d’un débat sur la préférence régionale. Voilà la « Nantaise » (dixit le Conseil représentatif des Français d’outre mer ) ou la « zorey » (métropolitaine) qui prétend apporter aux Réunionais ce dont ils ont besoin sans qu’ils le sachent eux-mêmes » (sic). Et  le représentant du Conseil représentatif des associations des noirs de France accuse la maîtresse de conférences d’  «être imbue de son savoir et de ses compétences ».

A suivre les manifestants, il aurait fallu, sur un poste qu’ils jugent symbolique, préférer un enseignant réunionais, pourtant classé second. Cela, au nom de la préférence régionale.  A ce compte, on n’est plus très éloigné du principe de la préférence nationale chère à Madame Le Pen.

Et ce qui rend encore plus inacceptable à leurs yeux cette nomination est qu’elle vient d’une ville (Nantes)qui «  a été une des principales villes de la traite négrière en France ». Nous revoilà dans la concurrence victimaire. Mélangeons donc tout et cela fera bien un cocktail exploitable. A cette aune, les jeunes générations d’historiens d’aujourd’hui n’étant ni juifs ni anciens déportés se verront-ils interdire l’étude de la Shoa ?

Faudra-t-il que d’aucuns ressassent perpétuellement les dérives anciennes en y plaquant des critères d’aujourd’hui pour en faire leur fond de procureur ? Est-ce ainsi que l’on fera progresser l’Histoire ?

Ou bien alors dans la foulée, exigeons récipiscence des héritiers des peuples grec, romain ou arabe qui  vendaient leurs captures humaines puisées en pays slave ou sur les côtes africaines, préparant les siècles suivants à un commerce florissant  de main d’œuvre servile.

Et au nom de la préférence régionale ou nationale, chassons de l’Académie Française et de toutes les instances prestigieuses de la culture tout ceux qui ne sont pas locaux ou nationaux. Et visons tout particulièrement les originaires des anciennes Athènes et Rome qui ont éradiqué de la Gaule ses autochtones et sa culture.

Cette préférence régionale ne s’apparenterait-elle pas sans le dire franchement à ce que fut dans des conflits de naguère l’épuration ethnique ?

Plus sérieusement, quand cessera-t-on d’avancer en gardant l’œil obstinément rivé sur le rétroviseur, l’esprit anachroniquement vindicatif, voire revenchard ?

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29 juin 2020 1 29 /06 /juin /2020 17:20
Histoire et repentance

Pour répondre à tous les « Indigènes de la République » et autres « décoloniaux «, « racisés » ou « indigénistes » qui appellent avec un anachronisme consommé à la repentance et voudraient déboulonner les statues et les noms des rues des « épouvantails » qui sembleraient leur faire éprouver les méfaits subis par leurs ancêtres,  je me contenterais de citer ce que j’avais écrit le 7 novembre 2012 à propos des déclarations de M. Bouteflika président de la République Algérienne :

 

« De la repentance

Monsieur Bouteflika, président de la République Algérienne exige inlassablement que la France fasse sa repentance pour les « crimes » commis jadis par le colonialisme français envers l’Algérie.

Il n’a de cesse d’exploiter en l’exacerbant le réflexe nationaliste de son peuple, comme pour masquer les  impasses et les lacunes, voire les turpitudes  de sa politique intérieure. Comment expliquer par exemple qu’après 60 ans de confiscation du pouvoir par un parti pratiquement unique, le FLN, les richesses du pays, notamment tirées du pétrole, n’aient pas permis de le sortir du marasme et de la pauvreté généralisée ?

La repentance où chacun est invité à battre sa coulpe, vêtu de bure, la corde au cou et les piedsd nus, , est devenue une sorte de mode au chapitre de ce qui se veut être une démarche historique. Or, l’Histoire n’avance pas au rythme d’auto-flagellations  complaisantes ou de mea-culpa morbides. Il revient aux historiens de se réunir autour de la même table et de tout mettre à plat afin de faire surgir la vérité. C’est quand chacun aura balayé devant sa porte que pourra émerger un récit authentique et universellement reconnu comme l’Histoire. Ainsi avance la connaissance.

Crimes du colonialisme ? Sans conteste. Mais seulement du colonialisme ? Et tout d’abord, qu’entend-on par colonialisme ? Les conquêtes grecque et romaine de l’Antiquité, était-ce du colonialisme ? La conquête arabe des VIIè et VIIIè siècles était-elle du colonialisme ? Et ces évènements se sont-ils déroulés en dentelles ?

De plus, les atrocités qui ont accompagné les guerres de décolonisation du XXè siècle ont-elles été le monopole d’un seul camp ?

S’agissant de l’Algérie, les massacres de Melouza, ordonnés par le colonel Saïd Mohammledi en 1957 et perpétrés par les troupes du capitaine Arab assisté du lieutenant Abdelkader El Bazraki de l'ALN (1), où le FLN a sauvagement exterminé une population entière (315 victimes) favorable au MNA (2) concurrent, ou celui du Constantinois (3) déclenché par Zighout Youssef en 1955 (145 victimes, hommes femmes et enfants, dont 70 des 130 européens et environ 70 musulmans massacrées à coups de haches et de pioches), le massacre des harkis lâchement abandonnés aux mains des soldats du FLN,  échapperaient-ils  à la repentance parce qu’exécutés par les dits colonisés ?

Pour rendre service à M. Bouteflika, on pourrait lui conseiller de faire son propre examen de conscience, éventuellement sa propre repentance envers son peuple, puis de mettre de l’ordre et de la rationalité dans sa politique intérieure ; après quoi, il pourrait encourager ses propres historiens à collaborer avec ceux des autres pays en vue de faire avancer la réflexion historique. Connaissance explication et compréhension se passent aisément de repentance d’aucune sorte ».

L’Histoire  ne s’accommode pas d’anachronisme.

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1 Armée de Libération Nationale (bras armé du FLN)

2 Mouvement Nationaliste Algérien, (indépendantiste, concurrent du FLN)

3  A la mine de pyrite d’El Halia à 3km de Philippeville

 

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