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2 janvier 2021 6 02 /01 /janvier /2021 14:02
Neo-possibilisme

Décidément, tout concourt à nous laisser penser que ce gouvernement est truffé de zombies jaillis de nulle part et immergés dans la politique sans boussole. Que de décisions hors sujets ou décalées démontrant chez toutes ces excellences bardées de diplômes et la tête pleine de formules et d’algorithmes une totale inexpérience ou du parfait amateurisme.

D’abord la ministre de la santé Agnès Buzyn donnant à croire que la crise du covid-19 pouvait n’être chez nous qu’une simple grippe, puis Sibeth Ndiaye porte-parle du gouvernement d’Edouard Philippe de mars 2019 à juillet 2020 déclarant dès l’apparition de la pandémie à propos du port du masque menacé de pénurie «  Vous savez quoi, moi je ne sais même pas m’en servir » pour convaincre de l’inutilité de l’outil, toutes ces inepties suivies de bien d’autres, comme de l’usage massif des tests, contredites ensuite par des mesures contraires et du coup plus adaptées.

Mais que de temps perdu, et de l’eau apportée au moulin des sceptiques ou des complotistes de tous bords, mais surtout une progression galopante de la pandémie entrecoupée de confinements-déconfinements que l’alternance rend improductifs.

Et voilà que l’on laisse entendre que le vaccin qui aurait dû être impérativement administré en deux injections successives pourrait n’être limité qu’à une seule injection, ce qui permettrait de vacciner plus de monde.

Manifestement, on cherche une fois de plus à gérer la pénurie en manipulant la prescription. Ou l’art de calquer le gouvernement des affaires sur l’impératif des évènements.

On pense à ce roi de Saint-Exupery auquel le Petit prince demandait : « Alors, mon coucher de soleil » ?  et qui répondait « Hem ! lui répondait le roi, qui consulta d’abord un gros calendrier, hem ! ce sera vers … vers … ce sera ce soir vers sept heures quarante ! Et tu verras comme je suis obéi »

Eh ! oui ! Avec le nouveau monde, une nouvelle forme de gouvernement ; on pourrait parler de Neo-possibilisme macronien. Gouverner, ce n’est plus ni Choisir, ni Prévoir, seulement Justifier.

 

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18 décembre 2020 5 18 /12 /décembre /2020 17:26
L'important, c'est ...

Le coronavirus menace l’économie. Oui, évidemment, ne l’oublions pas, il menace aussi les humains. Mais à voir nos éminences se démener au gouvernement pour faire surgir miraculeusement des milliards d’euros pour sauver l’économie, faisant fi des interdits des instances européennes, on peut tout de même s’étonner que contre le chômage, la précarité, la braderie des entreprises, l’orthodoxie budgétaire se soit imposée sans faiblir.  Mais « l’important, c’est l’économie » comme jadis, le chanteur Gérard Lenormand chantait «  l’important, c’est la rose », repris par Thierry Le Luron.

Des chercheurs américains, citoyens du temple du capitalisme ont affirmé que pour sauver l’économie, il fallait sauver les personnes. Sage précepte. Alors, que fait-on ?

Cela dit, soudain revient à la mémoire un édifiant épisode qui a animé un moment de la guerre froide, et qui dit tout du dilemme économie/humain.

Durant les années Reagan, les américains avaient envisagé de fabriquer une bombe dite « bombe à neutrons » ou « bombe atomique propre » (sic).

Cet engin était censé produire les mêmes dégâts contaminants que la bombe nucléaire classique, ( chaleur et contamination) mais sans le souffle. Ainsi, une nouvelle guerre nucléaire était alors possible, car on trucidait allègrement l’ennemi, mais on ne détruisait pas le matériel et les infrastructures. Il suffisait ensuite de décontaminer et on pouvait se rendre maître des installations qu’on pouvait réutiliser pour faire redémarrer l’économie. Ouf ! L’ESSENTIEL était sauf ! Les guerres nucléaires devenaient donc possibles, puisque l’économie serait sauve ! Quant à l’humanité, …

Devant l ‘émoi à travers le monde, Reagan a fini par renoncer. Mais il fallait y penser. On verrait plus tard.

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14 décembre 2020 1 14 /12 /décembre /2020 12:55
Covid-19

 

Trois chercheurs américains, croisant les chiffres de la croissance et de la mortalité due au Covid-19, concluent à l’efficacité du confinement et affirment que « Pour sauver l’économie, il faut d’abord sauver les gens » (Le Monde du 13/12/2020).

Alors, puisque chez nous aussi le confinement a entraîné une baisse des contaminations, pourquoi ne pas l’avoir maintenu ? Les dernières mesures d’allègement après un deuxième confinement ne laissent-elles pas prévoir un troisième confinement ?

Lisons encore les trois chercheurs américains:

« Limiter les dégâts économiques de la pandémie débute et s’achève avec le contrôle de la propagation du virus. Les pays qui ont pris rapidement des mesures pour contrôler sa circulation rouvrent peu à peu leurs économies et retrouvent le chemin de la croissance. La plupart de ceux qui se sont donné comme objectif prioritaire de soutenir l’économie et ont refusé, limité ou supprimé prématurément les mesures visant à contrôler la pandémie sont aujourd’hui confrontés à un emballement des contaminations et ont dû imposer des reconfinements nationaux…

Les confinements stricts fonctionnent et donnent des résultats rapides, entre quatre et six semaines après leur instauration. Ils sont parvenus non seulement à ralentir, mais quasiment à éliminer le virus en Australie, Nouvelle-Zélande, Islande, Chine, Corée du Sud et à Taïwan … » (ibidem)

A bon entendeur ….

On sait donc que ce sont les entorses au confinement et aux gestes barrières qui ont entraîné le rebond de la contamination. Mais voilà :

Il paraît que les autorités infantilisent les citoyens en leur dictant leur conduite au lieu de leur faire confiance en les responsabilisant. La pédagogie plutôt que la contrainte.

Ouais ! A voir les fraudes, les infractions, les tentatives de contournement de toutes sortes en toutes circonstances, bonjour les dégats ! Règlements ou conseils n’y peuvent rien. Ne dit-on pas que « le gaulois a l’esprit frondeur » ?

On sait la souffrance et le désarroi des entrepreneurs, des commerçants et des artisans menacés de déroute financière ou/et de naufrage social, la déprime de la jeunesse réduite à ne voir comme Apollinaire au quotidien « qu’un ciel hostile et les murs nus de ma prison », la tristesse des aînés privés de l’affection de leurs proches.

Certes, mais qu’en serait-il d’un après-covid sans âme qui vive, sans même personne pour se plaindre ?

 La jeunesse londonienne poussée dans les caves par le vrombissement suivi du fracas des bombes des stukas en 1940, était-elle mieux lotie ? Et la jeunesse de France de 1954 à 1962 qui crapahutait dans le djebel, la peur au ventre de mettre le pied sur une mine ou d’essuyer les rafales d’un fusil-mitrailleur au détour d’un piton, se plaignait-elle d’être privée de surboum ou de rave-party ?

« O tempora, O mores » !

 

 

 

 

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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 11:01
PC/Janus

Evoquant le Parti communiste français durant la seconde guerre mondiale dans son article « Ni  gloire ni larmes » (Marianne du 11 au 17/12/20), Guy Konopnicki semble confondre la partie et le tout.

Certes, des communistes parmi les plus notoires ou les plus humbles sont entrés sans hésitation ni attente dans la lutte contre le nazisme. Charles Tillon en France, ou Arthur London en Tchécoslovaquie en sont des exemples notoires et le PC le leur a par la suite fait payer très cher. Mais on ne peut nier que le Parti en tant que tel s’est rallié sans hésitation ni attente non plus à la position officielle de Moscou dès la signature du pacte germano-soviétique. Et c’est ainsi que Maurice Thorez s’est réfugié à Moscou pour ne pas y déroger. N’oublions pas non plus que des actes de sabotages dans les usines d’aviation Farman se sont produits dans lesquels ont été impliqués des ouvriers communistes.

Les communistes ralliés à la résistance dès la première heure l’ont été en fait en tant que patriotes et non pas au nom ou sur consigne du PC. Et devant le poteau d’exécution, Guy Mocquet jeune communiste résistant avait crié « Vive la France » et non pas « Vive l’Internationale ».

Il y donc eu en France d’une part le Parti communiste et son idéologie calquée sur les principes naguère défendus par Lénine et qui impliquaient notamment un alignement sans faille sur la position de Moscou, et d’autre part des militants communistes parmi lesquels la préoccupation essentielle était la défense des intérêts de la classe ouvrière. Et on sait à quel point le Parti savait pratiquer envers eux un langage et des formes de luttes sociales directement accessibles, et était pratiquement le seul à « faire les cages d’escalier ». Pour ces militants, les luttes sociales dont leur sort dépendait directement devaient l’emporter sur toutes positions doctrinales ou idéologiques, et pour beaucoup d’entre eux sans doute, Moscou était sur une autre planète.

Alors qu’en 1979 Georges Marchais premier secrétaire du PC jugeait le bilan de l’URSS notamment « globalement positif » (sic), des communistes en France se désolidarisaient de l’intervention des troupes soviétiques en Hongrie (1956) ou en Tchécoslovaquie (1968). La saignée au sein du parti n’allait pas tarder.

 

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8 décembre 2020 2 08 /12 /décembre /2020 11:35
"ARD" comme ringard

Evoquant le projet de loi « renforçant les principes républicains » devant être examiné en conseil des ministres mercredi 9 décembre, le journal Le Monde du 8/12/20 titre :

 «  … l’offensive payante des laïcards ». Le qualificatif employé n’a rien d’innocent. On parle de laïcard comme on dirait revanchard, trouillard, bâtard, bavard, mouchard, pendard, politicard ou ringard, … le suffixe ard conférant au terme un sens péjoratif. Et l’offensive peut laisser penser à une sorte d’agression. On insuffle ainsi insidieusement un caractère illégitime au mouvement.

A vouloir tuer son chien, on l’accuse de la rage.

Que demandent les partisans d’une application sans concession de la loi de 1905 traitant de la laïcité ? Une fidélité sans concession à l’esprit du texte afin de garantir la paix civile et de faciliter la lutte contre les tentatives d’intimidation de courants religieux intégristes.

Alors pourquoi l’Islam dans tout ça? On oublie, ou on feint de l’oublier, il s’agit de lutter contre l’islamisme, courant idéologique fascisant qui s’appuie sur un Islam dévoyé afin de créer la confusion, d’entraîner une fracture dans la société et de renforcer ses rangs.

Rappellons que l’Eglise catholique, elle, qui avait mené une lutte acharnée contre la République au début du XXè siècle, provoquant à son corps défendant l’adoption de la loi de 1905 a fini par s’y rallier à la suite de l’encyclique du pape Léon XIII en 1892. Les catholiques et les chrétiens dans leur ensemble vivent donc au sein de la République leur foi dans la paix et la concorde .

Alors, ne cherchons pas à faire croire que ces défenseurs de la laïcité veulent « imposer l’invisibilisation du religieux dans l’espace public pour en réalité combattre l’Islam », ou que «  eux en font un combat idéologique ». Combat contre l’idéologie islamiste, résolument, oui. On a bien dit : islamISTE. Aucune confusion possible avec l’Islam que pratiquent paisiblement nombreux de nos concitoyens.

Mais sans doute pour emporter l’adhésion à la confusion, d’aucuns tentent de porter le discrédit contre cette défense de la laïcité qui ne serait pas « un groupe homogène mais plutôt complexe et diversprêts à toutes les compromissions avec la droite et l’extrême droite qu’ils prétendent combattre ».

La laïcité n’est ni de droite, ni de gauche. Elle défend la liberté pour tous. Et tout le monde est bien venu quand il faut battre la bête immonde.

Sinon, à les entendre, il aurait fallu durant la guerre 39-45 refuser de combattre le nazisme en s’alliant avec l’URSS honnie des démocraties, de Gaulle aurait du refuser le ralliement d’hommes droite dans sa lutte contre le défaitisme de Pétain en 1940, et n’aurait pas dû prendre des communistes dans son gouvernement de 1945 pour réaliser l’unité dans la reconstruction. A trop vouloir faire l’ange, on fait la bête.

Quant à Macron ce serait une girouette : « Entre le Macron candidat qui critiquait le laïcisme de Mediapart et le discours des Mureaux, il y a une différence nette ».

On oublie un peu vite que le pragmatisme nourrit fort heureusement la réflexion des dirigeants. Il faut se rappeler le virement du général de Gaulle naguère sur l’Algérie, passant de « Vive l’Algérie Française » à « la paix des braves », puis  à l’autodétermination pour finir par l’Indépendance algérienne, ou bien le ministre de l’Intérieur Mitterrand faisant condamner à mort des combattants algériens durant la guerre d’Algérie, évoluant vers le Président Mitterrand faisant abolir la peine de mort.

En vérité, comme le relève le journal, «  Ce ne sont pas les militants de la laïcité qui changent les mentalités, ce sont les attentats ».

Pas de confusion ni de procès d’intention, donc. Encore moins de dénigrement. Du débat au crible des évènements.

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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 17:30
Qui a la parole?

Y a-t-il des « dérives idéologiques » dans les milieux universitaires comme les ont dénoncées des députés LR auprès du président de l’Assemblée nationale ? (le Monde du 3/12/20)

A observer les menées de partisans des dits « décoloniaux, indigénistes, racialistes ou dégenrés » et autres idéologies nourries de sève revancharde ou de révisionnisme sociétal, oui à n’en pas douter.

Des personnalités telles que Sylviane Agacinsky à Bordeaux, Alain Finkielkrault à Scienses Po-Paris ou Mohammed Sifaoui à la Sorbonne par exemple y ont été interdites de parole sous la pression de ces idéologues sectaires parce qu’elles ne s’alignaient pas béatement sur leur diktat.. Autant dire  « fermez-la si vous n’êtes pas d’accord » ! Vous avez dit « liberté d’expression ? De quel côté est le sectarisme ?

Y a-t-il alors encore débat ?

Or, le rôle de l’Université est bien d’enseigner un savoir en train de se faire, un creuset de la recherche où se déroule un libre débat en cours. Mais où est le débat quand une faction impose ses dogmes en maniant la terreur, fût-ce verbale ?

Comme le dit le juriste et universitaire Olivier Beaud (le Monde 3/12/20) « les universitaires radicaux auraient délaissé la distinction … entre le jugement de fait qui fonde leurs recherches et le jugement de valeur qui fondent leurs opinions ».

Que cherchent ces indigénistes, racialistes, décoloniaux dégenrés et autres distingués revanchards dont la vindicte est dirigée contre tous ceux qui ont l’audace de ne pas penser comme eux, et a souvent des relents de haine des blancs pour les uns, ou des hétéros pour les autres?

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28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 12:36
Y a-t-il un pilote dans l'avion?

Les derniers évènements, tels les violences contre Théo Luhaka, la mort de Cedric Chouviat, l’évacuation particulièrement brutale du camp des migrants à Paris, ou l’agression sauvage contre Michel Zecler nous conduisent à nous demander si de la tête politique jusqu’à la chaîne de commandement des forces de l’ordre gardiennes de la loi, tous sont bien à la hauteur de leur tâche, et légitimement à leur place pour garantir le bon exercice des libertés individuelles ? Les forces de l’ordre sont-elles bien formées et bien commandées, ou reçoivent-elles des ordres appropriés ? Le ministre de l’Intérieur reste droit dans ses bottes face aux critiques et indignations et on n’entend pas M. Lallemand, préfet de police.

Rappelons :

Devant le tollé général en France et la condamnation générale à l’International provoqués par l’article 24 de la proposition de loi de sécurité générale visant à limiter la liberté d’information, M. Darmanin ministre de l’Intérieur déclare que cet article pourtant scélérat sera maintenu.

A l’évocation des incidents ci-dessus cités, il parle de « conneries » comme s’il était simplement  question de gamineries de cours de récréation. Si on lui fait part des violences policières pourtant avérées, il répond « je m’étouffe » ! Le pauvre!

M. Lallemand que des journalistes comparent à un « cow-boy »  semble inamovible.

Dans une authentique démocratie, on peut penser que M. Darmanin et M. Lallemand verraient leurs sièges pris de menaçantes secousses, voire la chaîne de commandement jouer au moins les chaises musicales..

Certes, les actes terroristes, la pandémie du covid-19 et les difficultés économiques sont sources d’inquiétudes et les citoyens sont  particulièrement en quête de sécurité, certains se montrant moins soucieux de libertés. Cela justifie-t-il que le pouvoir se laisse aller ainsi vers un autoritarisme risquant de dériver vers un régime policier que ne renieraient pas les pouvoirs populistes qui sévissent au Brésil, en Pologne ou en Hongrie, et que certains chez nous brocardent tout en gardant un silence prudent sur ce qui se passe à l’intérieur de nos portes ?

En misant sur l’autoritarisme et la surenchère de lois restrictives de libertés, le pouvoir macronien parviendra peut-être à resserrer les rangs dans son camp, voire à braconner dans les rangs de l’extrême droite pour s’assurer la victoire en 2022, mais rien n’est moins sûr, le vulgum pecus préférant toujours l’original à la copie.

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27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 13:17
La police au scanner

La police est-elle par principe raciste ?Et est-elle violente ?

Répondre par l’affirmative impliquerait que l’on puisse relever dans le corpus réglementaire ou idéologique de l’institution des textes explicites qui en imposent la règle.

Or, rien de tel. Donc, dans son essence, la police de même que les autres corps de l’Etat n’est pas raciste.

Mais, y a-t-il dans la police des éléments foncièrement violents et/ou racistes ? A l’évidence, oui. Il suffit de parcourir les comptes-rendus de journaux de ces dernières années où sont relatés de multiples actes répréhensibles commis par ceux que la police elle-même devrait considérer comme des brebis galeuses.

On pourrait citer les exemples de Theo Luhaka mutilé par un policier en 2017, Cedric Chouviat mort étouffé sous les genoux d’un autre fonctionnaire en janvier 2020, les interventions musclées dans le campement  des migrants à Paris en 2020, le tabassage particulièrement sauvage du producteur de musique Michel Zecler à Paris en novembre 2020 ou celui de Paco Pompeani lycéen venu de Montreuil (Seine-Saint-Denis)  à Paris en 2016, et on en oublie …, bref une accumulation de ce qu’il faut bien appeler des affaires de violences et d’abus policiers.

Et fort heureusement, ces incidents ont pu être avérés grâce à des enregistrements videos que l’article 24 de la proposition de loi sur la sécurité globale voudrait d’interdire.

Il ne faudrait pas qu’en France, comme désormais aux Etats-Unis, les familles en viennent à recommander à leurs enfants de lever systématiquement les bras et regarder par terre dès qu’ils rencontrent un policier, et ce, afin d’éviter de risquer le passage à tabac ou pire, la mort..

Début septembre, le parquet avait notamment ouvert une enquête après la parution du livre Flic, dans lequel le journaliste Valentin Gendrot raconte deux années d’immersion au sein d’un commissariat, évoquant des « tabassages » et des pratiques « racistes ».

Alors, M. Darmanin, sans vouloir vous étouffer, êtes-vous prêt à entreprendre une enquête approfondie dans les rangs de la police afin de l’expurger des éléments troubles qui pourraient s’y trouver et redonner ainsi aux citoyens l’entière confiance qu’ils devraient avoir envers la police de la République chargée de les protéger et garantir leur intégrité physique ? Il y va de la cohésion sociale et de la réputation de la République Française..

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26 novembre 2020 4 26 /11 /novembre /2020 17:01
Islamo-gauchisme

Ce terme sous-entend une communauté d’intérêt entre la mouvance islamiste et celle de la gauche radicale.

En lisant le journal Le Monde du 26/11/20 ( la gauche et l’islamisme : retour sur un péché d’orgueil – Jean Birbaum p.34 ) on comprend mieux la pertinence d’une telle appellation.

En effet nous dit le journal, « Dans les années 1960, les révolutionnaires occidentaux avaient constaté que le « grand soir » se faisait attendre … Ils avaient alors placé leurs espoirs dans les insurrections d’un monde « tiers », dont l’Algérie indépendante constituait le symbole le plus séduisant » … et en 1980, l’ancien président algérien Ben Bella déclarait au journal « C’est l’islamisme qui offre les meilleurs chances d’une libération réelle ».

Pour une partie de la gauche européenne, nous dit Le Monde, « quand les dominés se soulèvent au nom de Dieu, il ne faut pas juger le détour qu’ils empruntent, car tôt ou tard ils délaisseront les chimères de la religion pour la vérité de l’émancipation ».

Or que constate-ton là où l’islamisme prend le pas ? C’est le religieux qui terrasse le politique, de gauche comme de tout autre horizon. Voir en Algérie la parenthèse du F.I.S. ou du G.I.A. ou dans l’Iran de Khomeny.

Tous ces intellectuels distingués n’ont visiblement rien appris de l’Histoire :

- En 1933 en Allemagne, devant la montée du communisme, les partis conservateurs pensaient qu’ils pourraient sans trop de risque confier le pouvoir à Hitler qu'ils prenaient pour un agitateur facilement manipulable, et dont ils pourraient ensuite aisément se débarrasser une fois le danger passé.

- On retrouve cet état d’esprit en France dans les années 30, ce que le général De Gaulle note dans ses « Mémoires de guerre », (collection Pocket, chapitre 1 : La pente), p 37 : « Il faut dire que certains milieux voulaient voir l’ennemi bien plutôt dans Staline que dans Hitler ».

On connaît la suite.

Aujourd’hui, la gauche radicale est généralement bien plus molle dès qu’il s’agit de défendre la laïcité face aux coups de boutoir des islamistes, ou quand le communautarisme pointe au sein des mouvements « indigénistes » ou « décoloniaux ». Le « grand soir » ou « la lutte finale » tardant à venir à son goût, la lutte sociale a cédé la place au combat identitaire. Son péché d’orgueil rend l’extrême-gauche amnésique.

 

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25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 20:58
halte, Police!

Les images télévisées montrant la dispersion des campements de migrants à Paris ces jours de novembre 2020 ont quelque chose de consternant, voire de révoltant dans le pays de la Déclaration des droits de l’homme. Certes, le problème de l’immigration, et notamment quand il concerne l’immigration clandestine est fort complexe et ne se résout pas simplement en invoquant le concept d’humanité ou d’hospitalité, surtout en période de crise sanitaire et sociale.

Mais ces scènes particulièrement violentes nous ramènent inévitablement aux multiples incidents d’origine policière survenus lors de récents incidents ou manifestations de rues ou de quartiers : gilets jaunes, affaire Théo Luhaka, Cedric Chouviat ou autres.

Ainsi,

« A aucun moment … Théo Luhaka, qui cherche à faire une carrière de footballeur et a alors un casier judiciaire vierge – il a depuis été renvoyé devant le tribunal correctionnel dans une affaire d’escroquerie –, n’a été aperçu en train de commettre le moindre délit.

 Le 2 février 2017 le chef de bord B., qui se trouve sous lui, envoie des jets de gaz lacrymogène à bout portant … L’agent A. … assène des coups fouettés aux jambes, avant d’en porter un avec le manche de l’arme derrière la tête. Un geste disproportionné étant donné le fait que le jeune homme est déjà au sol … alors que D. frappe Théo Luhaka au visage, le gardien de la paix A. donne un coup d’estoc avec sa matraque, pointe en avant, au niveau des fesses. Il ne le sait pas encore, mais il vient de provoquer une blessure très grave, une plaie longitudinale du canal anal et du bas rectum en continuité et sur le trajet de la lésion sphinctérienne », dira le rapport médical. En langage courant, Il a perforé la chair à côté de l’anus, créant un nouvel orifice de 10 cm de profondeur. Le jeune homme s’effondre sous la douleur … L’agent D. lui donne un crochet dans le ventre. Il est ensuite menotté. L’agent A. place son genou sur sa nuque, "un geste non nécessaire et dangereux », relève la Défenseure des droits …

L’équipage de la BST n’en a pas fini avec Théo Luhaka. L’agent A. l’a redressé et l’a assis adossé au parapet. Alors qu’il a toujours les mains menottées dans le dos, le policier le frappe à deux reprises au visage. Sa tête heurte le mur. Son chef de groupe, le gardien de la paix B., le repousse à son tour violemment contre le mur. Son crâne cogne à nouveau le béton …

L’avocat du jeune homme a longtemps porté ce dossier avec son associé, un certain Eric Dupond-Moretti, devenu depuis ministre de la justice » (Le Monde 25/11/20)

Ou encore,

« J’étouffe ! » Le cri d’agonie est répété sept fois. Ce sont les derniers mots prononcés par Cedric Chouviat le 3 janvier 2020, lors de son interpellation par la police quai Branly, au bord de la Seine, à Paris…

L’homme a été plaqué au sol sur le ventre ; d’après un témoin présent sur les lieux, une clé d’étranglement a été effectuée. Victime d’un malaise cardiaque, Cédric Chouviat a été transporté à l’hôpital dans le coma. Il est mort deux jours plus tard. L’autopsie a mis en lumière une asphyxie avec « une fracture du larynx ».

« Cette tragédie est la signature, pour qui peut en douter, du fait que l’emballement répressif en France est un facteur de déshumanisation, y compris et malheureusement pour ceux qui devraient inspirer confiance et sécurité aux citoyens français : les derniers mots de Cédric font de son cri d’agonie un cri universel », estiment Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth. Pour Me Arié Alimi, ce drame met en cause les méthodes policières. (Le Monde 20/6/20) 

On peut encore évoquer les nombreux incidents survenus lors des manifestations des gilets jaunes en octobre-novembre 2018.

Dans tous ces exemples, on a vu la police montrer une exceptionnelle brutalité souvent disproportionnnée au regard du déroulement des évènements.

Mais il ne faut surtout pas parler de « violences policières » sous peine de voir le ministre de l’Intérieur Gérard Darmanin « étouffer » (sic) littéralement. Alors regrettons tout de même que nous constations une montée crescendo du caractère particulièrement « musclé » du comportement de la police, nous offrant d’elle une image fort peu républicaine des forces de sécurité. On use ici de termes diplomatiques pour ménager la santé de M. Gérard Darmanin. Tout cela nous éloigne regrettablement du climat consensuel qui avait prévalu lors des attentats terroristes contre Charlie-Hebdo le 7 janvier 2015. Mais à qui la faute ?

Comme la femme de César, les gardiens de la loi que sont les représentants de l’ordre doivent être irréprochables.

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