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16 mai 2021 7 16 /05 /mai /2021 17:12
Des poids et des mesures ...

Que de bruit et de fureur sur la scène internationale lorsque l’armée yougoslave a voulu s’opposer par la force à l’émancipation du Kosovo en 1998, que Sadam Hussein a autoritairement annexé le Koweit en 1990, que les troupes pro-russes ont pratiquement annexé la Crimée au profit de la république de Russie en 2014, ou qu’elles ont soutenu le soulèvement de la région du Donbass en Ukraine.

Protestations, blâmes, sanctions économiques, manœuvres militaires. Il fallait voir ce qu’on allait voir. Chacun a voulu montrer ses muscles. Il semblait y avoir une communauté internationale soucieuse de défendre le droit des peuples de disposer d’eux-mêmes.

Et même face au redoutable tigre chinois prêt à avaler l’île autonome de Taïwan ou revendiquant sa souveraineté sur des archipels de la région indo-pacifique, on y assiste ces temps-ci à un déploiement impressionnant de forces navales des nations européennes en plus des Etats-Unis en manœuvres afin de parer à la montée en puissance de la Chine dans cette région du monde.

Or, depuis 1967, Israel entreprend progressivement une véritable annexion de la Cisjordanie que sont sur ce territoire des villes israéliennes telles qu’Ariel, Ma’aleh, Adumim, Betar-Illit et le Gouch-Hetzion. Ces dernières sont néanmoins considérées comme des colonies illégales au regard du droit international par la communauté internationale, à l'exception d’Israel et des Etats-Unis.

Mais hormis cette déclaration de principe ou de vaines résolutions du Conseil de sécurité, y a-t-il réellement une communauté internationale qui prendrait la défense des droits des Palestiniens à disposer d’eux-mêmes ?

De martiaux cliquetis par-ci, de timides chuchotements par-là.

 

 

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15 mai 2021 6 15 /05 /mai /2021 11:25
Le droit et la force

Jadis les Cambodgiens, plus près de nous Les Rohingyas en Birmanie, les Ouïghours en Chine, naguère les Tibétains au Tibet, les Tutsi au Rwanda, et on en oublie hélas tant la liste des exactions ou des crimes perpétrés contre des peuples dans le monde est pléthorique, mais au moins lors de chacun de ces malheurs, des voix fermes se sont élevées et ont ameuté le monde.

Il conviendrait par souci d’équité de citer aujourd’hui les expropriations, brimades ou destructions d’oliveraies infligées aux Palestiniens de Cisjordanie.  Par exemple, dans le quartier palestinien de Jérusalem-Est, plus de 500 personnes sont menacées d’expropriation par des colons soutenus par le pouvoir en violation flagrante du droit international. Tous les moyens, harcèlement, violence, sont utilisés pour forcer les Palestiniens à partir de chez eux.

« Anne ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

Je ne vois rien que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie »

Alors,  chut, parlons d’autre chose. Le silence soudain se fait de plomb.

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10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 09:55
La République, et rien d'autre!

Le 1er article du règlement de discipline générale de l’armée stipule :

« La discipline faisant la force principale des armées, il importe que tout supérieur obtienne de ses subordonnés une obéissance entière et une soumission de tous les instants, que les ordres soient exécutés littéralement, sans hésitation ni murmure; l'autorité qui les donne en est responsable, et la réclamation n’est permise au subordonné que s’il a obéi ».

Cela opportunément rappelé, précisons que dans toute démocratie, le pouvoir militaire est soumis au pouvoir civil. S’en écarter, c’est s’acheminer vers un renversement des hiérarchies et une forme de césarisme. Il suffit de rappeler ce qui faillit advenir à la République en 1961 sous la présidence du général de Gaulle, lorsqu’un « quarteron de généraux en retraite » prétendit dicter au gouvernement sa politique.

Les chefs militaires, tout hauts gradés qu’ils sont ont donc pour supérieurs le Président de la République, chef des armées, et le gouvernement.

Il serait donc utile par les temps qui courent de le rappeler à tous ces galonnés saisis de prurit pétitionnaire surfant sur de déplorables exactions ou filouteries en tous genres et qui prétendent dicter sa conduite au pouvoir civil.

La politique se discute au Parlement, détenteur par délégation de la souveraineté populaire. Et si cette politique ne convient pas, c’est au Parlement qu’il appartient de la remettre en question dans des formes constitutionnelles (motion de censure).

Et pour que tout cela soit parfaitement maîtrisé, il convient que le pouvoir civil offre une vision claire et nette de la politique à mener, et une volonté ferme de la mettre en pratique.

Sommes nous certains de nous trouver dans ce cas de figure ? La ratatouille pré-électorale touillée en ce moment par des prétendants pressés donne-t-elle aux citoyens, et aux chatouilleux gradés le sentiment qu’il y a « un pilote dans l’avion » ?

Il est peut-être utile de rappeler que le Consulat imposé par le coup d’Etat du général Bonaparte le 18 Brumaire An VIII (9 novembre 1799) n’a pu survenir que parce que le Directoire n’a cessé de barboter dans un marasme indescriptible de batailles stériles.

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8 mai 2021 6 08 /05 /mai /2021 11:51
Du covid-19 en 2021

Le philosophe André Comte-Sponville dont par ailleurs on prend un réel plaisir à lire les livres (Petit traité des grandes vertus, le capitalisme est-il moral, l’esprit de l’athéisme …) est « effaré que l’on sacrifie en partie l’avenir de nos enfants pour la santé de leurs grands-parents » au cours de la lutte contre le covid-19 (Le Monde du samedi 8-dimanche 9-lundi 10 mai 2021 André Comte-Sponville - Entretien, page 30).

En réalité, si les mesures sanitaires pour combattre le virus ont porté en priorité sur les personnes les plus agées et/ou les plus fragiles, c’est essentiellement parce qu’elles sont bien plus exposées aux formes les plus graves et sont les premières à placer en réanimation. Et parfois, elles en meurent, alors que les plus jeunes y échappent plus fréquemment ou en subissent généralement les formes les moins graves.

Il ne s’est agi de sacrifier personne. En toute humanité et logiquement donc, à ceux qui ont le moins de défense, le plus de moyens, sans délaisser les autres.

Par ailleurs, il a « du mal à (se) dire qu’une maladie dont le taux de létalité est de 0,5%, dont l’âge moyen des décès est de 81 ans … soit une catastrophe sans précédent )

Outre que s’agissant de l’âge moyen des décès, son propos confirme ce qui est dit plus haut, ce qui fait de cette pandémie « une catastrophe sans précédent » tient au fait que pour les autres maux même les plus graves, on  connaît le plus souvent les remèdes ou les vaccins et qu’on est donc en mesure de tenter de les vaincre ou de les faire reculer alors que le covid-19 nous laisse pour l’instant sans défense.

Soudainement, l’humanité se trouve livrée au hasard. De là vient sa sidération.

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6 mai 2021 4 06 /05 /mai /2021 11:25
A la pêche!

Les inégalités sociales se creusent, les barreaux de l’échelle sociale sont cassés, la périphérie que le pouvoir nomme pudiquement « les territoires » est désertée du service public, les premiers de corvée sont à la manœuvre tandis que les premiers de cordée sont au salon, les gilets jaunes avaient déjà dénoncé tout cela, les projecteurs de la pandémie du covid-19 les remet  au grand jour.

Que nous proposent nos gouvernants et les partis qui aspirent à gouverner, ou M. Macron, lancé sans tarder dans sa campagne présidentielle, pour lutter efficacement contre tous ces naufrages ?

Rien, sinon des tripatouillages politiciens dignes de l’ « ancien régime » que dénonçait pourtant à grandes époumonées M. Macron lors de sa campagne 2017. Rappelons-nous : « Je le veux », la voix au bord de la rupture, l’œil reptilien, la mimique féroce, le doigt rageusement tendu vers son auditoire. Zeus au paroxysme du courroux !

Mais les pieds de retour sur terre.

On manigance des alliances de circonstance pour les élections régionales 2021, on tente de couper l’herbe sous les pieds de ceux qui présenteraient le moindre risque de priver Jupiter de concourir en tête.

Quant à Mme le Pen, elle retrouve à l’occasion de l’incartade d’une brochette d’officiers retraités prompts à des éructations plus ou moins factieuses le penchant à l’extrémisme de son père pour tenter une pêche aux voix.

Belle ratatouille bien rance que toutes ces magouilles. La politique attendra. Chassez le naturel, il revient au galop.

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1 mai 2021 6 01 /05 /mai /2021 10:10
« Europe, Europe … » (De gaulle)

Du temps de l’esprit des Lumières, le peuple s’est révélé simultanément souverain et patriote : la démocratie et la nation. La course à la mondialisation et au néo-libéralisme lui a ôté et sa souveraineté et son patriotisme. Place au village-monde ou du moins, plus près de nous, l’Europe pour nouvelle frontière, le multiculturalisme pour nouvelle identité. De nouveaux concepts plaqués sur ce qui faisait les racines charnellement vécues par les peuples. Comment une poule y reconnaîtrait-elle ses poussins ?

Le délicieux poète  Joachim Du Bellay ne le chantait-il pas déjà?

« …

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine
:

… »

Et Danton, menacé de guillotine à qui on conseillait l’exil, refusa, répondant:

«  Emmmène-t-on sa patrie à la semelle de ses souliers » ?

Autrement dit, pour ce patriote, la mort plutôt que l’exil.

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27 avril 2021 2 27 /04 /avril /2021 10:44
A la caserne!

Une petite brochette de généraux retraités en mal d’aboiements de caserne, singeant les vieilles badernes factieuses de 1961 adresse à la République une sorte de mise en demeure ou de menace.

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée chargée de l’Industrie, parodiant le général De Gaulle en 1961 fustige "un quarteron de généraux en charentaises qui appellent au soulèvement"

Rappelons :

En 1961, en pleine guerre d’Algérie, quatre généraux en retraite, (généraux Challe, Jouhaux, Salan et Zeller) s’appuyant sur un régiment de parachutistes séditieux tentaient à Alger un putch pour contrecarrer la politique du général De Gaulle en Algérie. Dans son allocution, le général De Gaulle déclarait :

« Un quarteron de généraux en retraite, … un groupe d'officiers, partisans, ambitieux et fanatiques. … ne voient et ne comprennent la nation et le monde que déformés à travers leur frénésie. Leur entreprise conduit tout droit à un désastre national.

Au nom de la France, …  tous les moyens, (devront être)  employés pour barrer partout la route à ces hommes-là, en attendant de les réduire.

L'avenir des usurpateurs ne doit être que celui que leur destine la rigueur des lois ».

 

L’aventure de ces "vieilles peaux" se termina pour elles en pantalonnade.

Des officiers habitués à obtenir de leurs troupes « une obéissance sans hésitation ni murmure » (cf le manuel du parfait soldat) se croient autorisés à faire la leçon au pouvoir civil auquel pourtant la loi les soumet. Qu’ils participent en tant que citoyens à l’actualité et nourrissent des opinions politiques, tels sont leurs droits les plus naturels, mais leur statut particulier les contraint à la discrétion, garantie de la discipline du corps dans son entier.

Certains ont tendance à y déroger, donnant l’exemple de l’indiscipline qu’ils exigent pourtant de leurs troupes. Pour reprendre un propos que prononça naguère un ministre (Jean-Pierre Chevènement), « un (soldat), ça ferme sa gueule ou ça démissionne » !

Rompez !

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23 avril 2021 5 23 /04 /avril /2021 09:28
Science sans conscience ...

« Science sans conscience … »

Dans le journal Le Monde du 17 avril 2021 :

Des chimères humain-singe cultivées in vitro

Plusieurs équipes, dont une française, ont injecté des cellules humaines dans des embryons de macaque

C’est un pas symbolique qui vient d’être franchi, en matière de recherches sur l’embryon.
Certains parleront d’un risque de « transgression » ou de « brouillage des frontières » entre l’espèce humaine et les autres espèces animales. D’autres mettront en avant les perspectives de progrès scientifiques et biomédicaux ouvertes par ces travaux. Deux équipes, l’une française, l’autre sino-américaine, sont parvenues à créer des embryons chimères singe-homme. Plus précisément, elles ont introduit des cellules humaines dans des embryons de singe, qui ont ensuite été cultivés en laboratoire durant trois jours (pour l’équipe française) ou dix à dix-neuf jours (pour l’équipe sino-américaine). Les taux de cellules humaines intégrées dans les embryons de singe, cependant, sont restés très faibles dans la première étude, publiée le 12 janvier dans la revue Stem Cell Reports. Et modestes dans la seconde étude, publiée le 15 avril dans la revue Cell. Ces travaux suscitent une salve d’interrogations, notamment sur les bénéfices escomptés et les risques de ces travaux, qui résonnent avec la révision en cours de la loi de bioéthique en France. L’article 17 du projet de loi entend encadrer les embryons chimères. C’est un des points de discorde : si l’Assemblée nationale veut autoriser l’adjonction de cellules humaines dans un embryon animal, le Sénat s’y oppose farouchement. Après deux navettes parlementaires, la commission mixte paritaire a échoué, en février, à trouver un compromis. Le texte devrait revenir en juin à l’Assemblée pour une dernière lecture
(1). Enjeux éthiques « Ces recherches n’ont pas vocation à faire tout et n’importe quoi. Nous sommes très conscients de leurs enjeux biomédicaux mais aussi éthiques », assure Pierre Savatier de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) à Lyon, qui a coordonné l’étude française. Si le fameux article 17 était retenu, il autoriserait l’adjonction de cellules humaines dans un embryon ou un organisme vivant animal. En revanche, « nous sommes tous d’accord pour interdire le paradigme inverse (2) , qui consisterait à injecter des cellules animales dans un embryon humain », insiste le chercheur.« Chimère » : le mot peut effrayer. Il évoque une créature fantastique à corps de lion, tête de chèvre et queue de serpent. Mais pour les chercheurs, une chimère est « une entité biologique fabriquée par l’homme, où l’on mélange volontairement deux types de cellules, porteurs de génomes différents », précise Pierre Savatier. De fait, les chimères animal-homme sont au cœur de la recherche biomédicale depuis des décennies – sans qu’on s’en émeuve. Par exemple, les chercheurs injectent des cellules tumorales humaines chez des souris pour étudier la biologie des cancers et l’efficacité de nouveaux traitements. Les premiers embryons chimères datent de 1969 : il s’agissait d’embryons caille-poulet, créés par la biologiste française Nicole Le Douarin. En 1984, des embryons chèvre-mouton étaient produits ; en 2010, des embryons souris-rat... En 2017, l’équipe de Juan Carlos Izpisua Belmonte, du Salk Institute en Californie, un des leaders du domaine, injectait des cellules souches humaines dans des embryons de porc, qui ont été cultivés vingt-huit jours. Mais les cellules humaines contribuaient très peu au développement des embryons. L’objectif ultime de ces travaux : produire des organes humains dans des  élevages animaux, pour pallier la pénurie d’organes (3). Pour l’heure, « ce scénario relève de la science-fiction », note M. Savatier. Les deux nouvelles études décrivent les premiers embryons chimères singe-homme jamais obtenus. Les deux équipes ont eu recours à des « cellules souches pluripotentes induites » (cellules iPS). En clair, ce sont des cellules produites en laboratoire à partir de cellules de la peau adulte. Ces dernières ont été génétiquement reprogrammées pour revenir à un état très immature, non spécialisé. Elles ont alors le potentiel de se spécialiser en n’importe quelle cellule du corps humain (4). Cette reprogrammation a valu à son inventeur, le Japonais Shinya Yamanaka, le prix Nobel de médecine en 2012. On compare souvent ces cellules iPS aux véritables cellules souches embryonnaires humaines (cellules hES), obtenues à partir d’embryons humains âgés de cinq jours. Cellules iPS et hES sont toutes deux « pluripotentes » : elles peuvent se différencier en n’importe quel tissu de l’organisme. « Elles sont semblables, mais pas tout à fait identiques »,observe Frank Yates, responsable du laboratoire Cell Techs (Sup’Biotech -CEA). L’équipe française a voulu comparer les taux de chimérisme entre différentes espèces animales. Les chercheurs ont donc injecté tantôt des cellules ES de souris, tantôt des cellules ES de macaque ou des cellules iPS humaines dans des embryons de lapin ou de singe. Résultats : avec les cellules ES de souris, 100 % des embryons de lapin et de singe étaient chimériques. Mais avec les cellules ES de primates (homme ou macaque), 20 % à 30 % seulement des embryons donnaient des chimères, qui n’intégraient que deux à trois cellules de primates. L’étude publiée dans Cell, cosignée par Juan Carlos Izpisua Belmonte, montre de meilleurs taux de chimérisme singe-homme. Ce travail a bénéficié d’une technique décrite en 2019 par des équipes chinoises : elle permet de cultiver des embryons de macaques jusqu’à dix-neuf jours après la fécondation. A ce stade du développement, la plaque neurale commence à s’invaginer chez les primates – mais on est bien loin d’un système nerveux fonctionnel. Lignes rouges à ne pas franchir. Les chercheurs ont injecté 25 cellules iPS humaines dans 132 embryons de macaques âgés de six jours. Résultats : au jour 9, plus de la moitié des embryons étaient chimériques ; au jour 13, ils étaient encore un tiers. Ensuite, le nombre d’embryons survivants chutait : ils n’étaient plus que trois au jour 19. En outre, « le taux de cellules humaines ne dépasse pas 5 % à 7 % des cellules de l’embryon chimère », relève Pierre Savatier. Les chercheurs ont commencé à identifier les signaux du dialogue qui s’instaure entre les cellules des deux espèces. Les expériences ont été conduites en Chine ;le Salk Institute, lui, a effectué les analyses bio-informatiques.« L’objectif de Belmonte est clairement de trouver pourquoi il n’arrive pas à produire un pancréas humain chez le cochon, ce Graal de        la médecine régénérative », indique Hervé Chneiweiss, président du Comité d’éthique de l’Inserm. Dans Le Monde du 9 mars, un collectif de chercheurs (dont Pierre Savatier et Frank Yates) listait les retombées, à court ou moyen terme, de l’étude des embryons chimères. Ces travaux devraient aider à « déchiffrer les mécanismes du développement embryonnaire sans utiliser les embryons humains “surnuméraires” avec, pour finalité médicale, l’amélioration des technologies de PMA [procréation médicale assistée] ; (...) ; étudier la toxicité de composés chimiques ou de nouvelles molécules thérapeutiques sur les cellules humaines au sein d’un organisme vivant ; à plus long terme, produire des tissus et organes humains pour la transplantation. » Et de conclure :« La nouvelle loi relative à la bio-éthique doit les encadrer mais pas les interdire. » Les encadrer, oui. Le 28 juillet 2018, le Conseil d’Etat identifiait trois risques principaux liés aux embryons chimères animal-homme : « Le risque de susciter une nouvelle zoonose [une infection qui se transmet des animaux vertébrés à l’homme et vice versa] ;le risque de représentation humaine chez l’animal ; et le risque de conscience [en cas de migration des cellules humaines vers le cerveau de l’animal] (5) ».Selon Pierre Savatier, il s’agira aussi de veiller à ce qu’aucune cellule humaine ne se différencie en gamètes (cellules sexuelles) dans l’embryon animal. D’où les « trois lignes rouges à ne pas franchir » : la contribution des cellules souches humaines à la formation du cerveau, des gamètes ou de
l’apparence de l’animal. Trois écueils que le bio-éthicien Henry Greely, de l’université Stanford, résume par « Brain, balls, and beauty ».Pour l’heure, ces interrogations restent théoriques. « Mais la recherche dans ce domaine est incroyablement dynamique », note Frank Yates. D’où l’importance d’une réflexion éthique dès à présent. Le débat, en effet, « deviendra bien plus complexe si ces chimères (...) ne restent pas des embryons in vitro, mais sont implantées [dans un utérus animal] et deviennent des fœtus donnant naissance à des créatures vivantes.(...) Nous devons commencer à réfléchir à cette possibilité », écrivent dans Cell Henry Greely, de l’université Stanford, et Nita Farahany, de l’université Duke.« Compte tenu de la sensibilité possible du public à ces sujets, une délibération publique est essentielle », estime Hervé Chneiweiss. A ce jour, ajoute-t-il, «il n’existe aucune raison morale sérieuse d’interdire la greffe de cellules humaines à un embryon animal. Les sénateurs introduisent une grave confusion en voulant interdire ces chimères de recherche. Il s’agit là de recherches fondamentales, qui visent à comprendre les conditions du développement et de la différenciation des cellules humaines. Elles n’ont rien à voir avec la loi de bio-éthique, qui encadre les recherches sur l’embryon humain et les techniques de PMA de futurs enfants humains. Dans ce dernier cadre, il est effectivement légitime d’interdire toute adjonction de cellules animales ».

(Florence Rosier – Le Monde du Samedi 17 avril 2021).

Mes observations :

(1)  Or, en cas de désaccord entre les deux assemblées, c’est l’Assemblée nationale qui a le dernier mot. Voyons ce que la majorité macronienne en décidera.

(2)  Oui. Mais le propre du chercheur c’est de chercher à connaître la réponse à toute question. Et selon la loi dite de « Gabor » « tout ce qui est possible, un jour se fera ».

(3)  Et pourtant, il y a déjà la technique du « clonage thérapeutique ».

(4)  Le voilà le clonage thérapeutique.

(5)  Qu’en feront des parlementaires toujours avides de productivisme et de rentabilité ?

Xxx

Le 2 novembre 2012, j’écrivais déjà sur mon blog les lignes suivantes, page 244, sous le titre : « Dr Krankeinstein (suite) » :

« Dans son laboratoire, le chercheur tente de découvrir tout ce qui dans son domaine est possible ou ne l’est pas. TOUT. Il s’agit de faire avancer la connaissance, et à ce stade, il n’est pas question de morale. Le savant Einstein a fait avancer la connaissance dans le domaine de l’atome, point. Cela n’a sans doute pas empêché le citoyen Einstein, au lever de son lit, dans sa maison, ou au milieu des siens de se poser des questions d’éthique. Au demeurant, n’a-t-il pas dit :

« La valeur morale ne peut pas être remplacée par la valeur intelligence, et j'ajouterai: Dieu, merci

Comme tout savant, il a cherché à découvrir les potentialités de la nature ici et maintenant, et seulement cela.

De même, avec la technique des cellules souches IPS dont l'inventeur est le japonais Shinya Yamanak, lauréat du prix Nobel de médecine 2012, on sait qu’il est désormais possible de fabriquer des spermatozoïdes et des ovules à partir de fibroblastes, des cellules que l'on trouve sous la peau. Mais à partir de là, « Le passage de ces techniques à l'espèce humaine est juste une question de temps, et les associations homosexuelles militeront pour que ce délai soit bref ».

Or, il ne s’agit plus ici de science, mais d’éthique. Les découvertes de la science doivent elles toutes être mobilisées sans distinction au profit du désir de chacun?

Comme le savant Albert Einstein, le docteur Shinya Yamanak a fait son travail de chercheur. Nul ne sait ce que le citoyen Shinya Yamanak en a conclu en conscience. Et grâce à la science, les avancées de la connaissance font que ce qui est impossible aujourd’hui peut très bien devenir possible demain. Le propre de l’esprit humain est de chercher à repousser toujours plus loin les limites de la connaissance. Au citoyen ou à ses mandataires donc de tracer en conscience les contours de ce qui fait la dignité humaine.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Mais au chercheur la science, moteur de la connaissance, et au citoyen la conscience, moteur de l’individu pensant. Les humains l’ont bien compris qui ont créé hors du monde scientifique une instance qui dit l’éthique. C’est chez nous le comité national consultatif d’éthique. Qu’il fasse son travail en aval de la découverte. Au plan international, les Nations Unies ont déclaré que "Les Etats membres sont invités à adopter toutes les mesures voulues pour protéger comme il convient la vie humaine dans l'application des sciences de la vie". Tout est dit ».

Que dirais-je d’autre aujourd’hui, 23 avril 2021 ?

 

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12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 09:59
To be or not to be

To be or not to be ?

Etre ou ne pas être ? Telle est bien la question.

Cet être cher, mémoire de ce qu’il a vécu au milieu de tous les siens, désormais réduit au grabat et à la souffrance, a-t-il encore toute sa place parmi eux ?

Des deux maux que sont la douleur physique que l’on sait désormais soulager (1), et la douleur psychique née de l’image que renvoie de lui le regard des autres, la plus cruelle est sans doute cette dernière. Ainsi, devant le malheur, chacun s’autorise à penser à la place de la victime : « Autant mourir, que de vivre ce calvaire », se dit-on tant qu’on est valide, et cela se lit sur le visage.

Est-ce à penser que l’existence n’a de prix qu’avec la pleine santé, que la perte d’autonomie  d’intégrité physique ou sensitive annihilerait ce droit ?

Cette personne avec qui on aurait de précieux souvenirs, dont on aurait partagé les joies et les peines, on pourrait par compassion prétend-on penser, l’aider à disparaître ? Effacée donc une mémoire de tout ce qu’on a vécu en commun, sans que la main ou la conscience ne tremble ?

L’opinion internationale s’est profondément émue de la destruction en 2001 des bouddhas géants de la vallée de Bamyan en Afghanistan ou du saccage de Palmyre en Syrie en 2015 par les islamistes par exemple, et légifèrerait pour la destruction organisée de la mémoire humaine ? Aurait-on désormais une conception purement utilitariste de l’Humanité ? Seuls devraient demeurer vivants les êtres « sains de corps et d’esprit » ?

On a débattu sur le clonage reproductif pour l’humain, on discute de la possible location de ventres (G.P.A.), des esprits subtiles semblent passer sans problème de conscience de l’homme réparé à l’homme augmenté, (transhumanisme), auquel on pourrait greffer un œil d’aigle ou un radar de chauve-souris, puis à l’homme auxiliaire, dont l’initiative serait déléguée à un ordinateur dont il ne serait plus que l’exécutant, (posthumanisme).

Où s’arrêtera-ton ? Quelles devront être les limites de l’humain ?

« Est-ce ainsi que les hommes vivent » ? (Aragon).

(1) Voir l’article précédent : Euthanasie (suite)

To be or not to be
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11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 10:34
Euthanasie (suite)

Lu dans « Le Monde » daté de Samedi 10 avril 2021, comme un appui implicite à mon blog « Euthanasie » de la veille :

Les soins palliatifs, « vivoir » pas « mouroir ». A Puteaux, l’unité du centre hospitalier Rives-de-Seine

Chaque soignant du service a entendu une fois au moins dans la bouche d’un patient : « Je veux que vous m’aidiez à partir. » … Mais, pour l’immense majorité des patients, (la demande) disparaît dès que la douleur s’apaise. »

« Dès lors qu’ils n’ont plus mal, ils deviennent comme vous et moi, et même joyeux parfois ! »

. « L’objectif n’est pas que les patients vivent le plus longtemps possible, mais que leur vie, malgré la maladie, soit la meilleure possible. »

.« Ici, on n’accueille pas des malades mais des personnes », … « Les gens se rendent compte au bout de quelque temps que l’unité de soins palliatifs n’est pas un mouroir mais au contraire un “vivoir”, presque un endroit gai... »

A 15 h 30 ce vendredi, Sonia B. et sa fille Laura ont rendez-vous avec Mélanie Monribot et Marie Simian. Lorsqu’elle retrace les étapes de la maladie de son mari, Sonia laisse couler ses larmes. « On est là pour s’occuper de votre mari et de ton papa », dit Mme Monribot, pour lui apporter ce qu’il faut pour le soulager. Et vous permettre de passer du temps avec lui. »Après cet entretien, Laura échange un « check » avec son père. « De quoi as-tu besoin ? », demande Sonia à son mari, 74 ans, ex-chanteur et grand amateur de rock. « Tu veux que je ramène ta guitare ? »« Non », répond-il. La conversation roule pourtant sur la musique. Marie Simian quitte la chambre et revient avec sa propre guitare basse. Elle pose l’instrument sur le lit. Il caresse les cordes de l’instrument. Son visage s’illumine d’un immense sourire. Celui que Marie Simian guettait depuis son arrivée.

 

Le but de la médecine est de soigner, si possible de guérir, mais en aucun cas de donner la mort. Que précise le serment d’Hyppocrate ?

« … Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement la vie ni ne provoquerai délibérément la mort ».

 

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