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6 juin 2022 1 06 /06 /juin /2022 13:24
Abracadabra

Voici un nouveau lapin, le Enième, « Le Conseil National de la Refondation » sorti du chapeau jupitérien. Mais n’est pas CNR qui veut. Le Général de Gaulle en avait fondé un au cours de la seconde guerre mondiale, le Conseil National de la Résistance, pour coordonner les organisations multiples surgies clandestinement en France et qui se donnaient pour noble mission de lutter contre l’occupation et la mise en coupe réglée de la France par les forces allemandes. Et cette organisation regroupait en son sein des membres venus de tous les horizons politiques sans exclusive, bref une sorte d’union nationale combattant pour recouvrer la liberté et l’indépendance tandis que la majorité des représentants légaux du pays suivant leur chef, le Maréchal Pétain, s ‘étaient placés sous la férule et la collaboration de l’occupant allemand.

Le de Gaulle de 1940/1945 à travers le CNR symbolisait l’Union Sacrée en lutte contre l’ oppresseur, et la volonté de redressement du pays.

Que prétend symboliser Macron à travers sa pale copie de rassemblement ? Il nous avait déjà enfumé avec ses « comité Gustave, comité Théodule ou comité Hippolyte » (dixit de Gaulle) lors d’autres poussées de fièvre sociale. Et qu’ont accouché ces divers Comités, assemblées, rapports Borlo ou cahiers de doléances diverses ? La montagne avait accouché d’une souris. Et chacun était invité à retourner touiller sa tambouille dans son petit coin.

Au demeurant, quelle considération semble témoigner notre sémillant Jupiter envers tous les représentants institutionnels que compte le pays, légalement élus de la Nation, et auxquels la Constitution confie le soin d’élaborer les projets qui régiront la vie de la société ? Parlement, Conseil économique social et environnemental, intermédiaires institutionnels que sont les syndicats ou autres ?

Quelques centaines de citoyens tirés au sort seraient à ses yeux plus représentatifs du pays ou plus compétents ? Les autres institutions se verraient réduites à un rôle de témoins muets et contrits ? Et par la seule volonté du Prince ?

Dans quelle sorte de démocratie guignolesque nous invite-t-ton de vivre ? Les tréteaux sont dressés, et si nous n’y prenons garde, nous nous y acheminons aveugles et consentants.

 

 

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18 avril 2022 1 18 /04 /avril /2022 15:51
Front républicain?

En 2002, Lionel Jospin socialiste, alors premier ministre d’un gouvernement de cohabitation tandis que Jacques Chirac était Président de la République, et candidat aux élections présidentielles, se voyait éliminé de la compétition à l’issue du premier tour alors que les sondages le prévoyaient vainqueur.

Et surtout à la surprise générale, Jean-Marie Le Pen président du parti d’extrême droite, le Front National, se qualifiait à la seconde place avec 16,81% des voix exprimées derrière Jacques Chirac qui récoltait 19,88% des voix exprimées.

Stupeur générale !

Du coup, alors que plus du quart des électeurs avaient négligé de se rendre aux urnes, ( 28,40% d’abstentions) + (3,38% de blancs ou nuls) ) on vit se former dans les rues des hordes de manifestants émergeant de leur émolliente sieste et brandissant des pancartes « Non à la haine » etc …

Que n’avait-on pas anticipé ce coup de semonce, pourquoi 8 candidatures de gauche, inaugurant ainsi un désormais émiettement ravageur des voix au détriment du seul candidat crédible ?

Depuis, on a vu fleurir ça et là les propageurs d’élucubrations mollement doctrinales qui omettaient délibérément ou par confort de considérer que depuis le congrès d’Epinay de 1971 où Mitterrand avait pris en mains le Nouveau Parti Socialiste le Monde avait radicalement changé, et tous continuaient de ressasser les mêmes lunes idéologiques cherchant à prouver que « plus à gauche que moi, tu meurs » !

Et pendant ce temps là, le Monde tournait, se transformait, les requins se chamaillaient à qui prendrait le magot de l’électorat. Et on continue imperturbable à bégayer « Front Républicain ».

A défaut d’une mûre et salutaire réflexion doctrinale ou au moins un corpus d’options communes, il subsiste un slogan comme un mantra répété ou simplement pensé à l’envi, « Union », mais comme une coque vide ! Union sur quoi ? Sur un gourou ? Sur une formule « Abracadabra » magique ?

Depuis, mêmes évènements, et mêmes résultats. Mais quelles réflexions de fond, quelle vision d’avenir propose-t-on aux citoyens appelés à la rescousse ? Vide sidéral !

Et on voudrait que les électeurs « lambda » réagissent comme un seul homme à un slogan voulu magique du « Front républicain » sans qu’il y ait le moindre contenu donnant à penser qu’on se bat pour un idéal ?

Non. Non pas des veaux mais des Citoyens nous sommes et restons, c’est- à- dire des membres d’une Cité souhaitant défendre des valeurs qui mériteraient nos efforts, voire nos sacrifices.

Alors, le « Front républicain » doit rester ce qu’il est, le bas bruit d’un joueur de flûte qui ne charme plus une marmaille enfumée.

Nonna Mayer (politiste, chercheuse émérite au CNRS) ne dit-elle pas : « Le front républicain … ne suffit pas … il faut … un programme, des idées ». (Le Monde 17/18 avril 2022).

Aux incendiaires donc de s’en accommoder comme ils peuvent. Nous ne sauverons ni Charybde, ni Scylla !

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7 avril 2022 4 07 /04 /avril /2022 11:20
Le monde tonne et l'humanité est sourde

Comme le siècle dernier a eu son lot d’horreurs tels Gernica, Auschwitz-Birkenau, Treblinka, Hiroshima et Nagazaki, My laï, Oradour sur Glane, Sabra et Chatila, le Rwanda entre autres, les Russes inaugurent la liste du nôtre avec Lviv, Kharkhiv, Marioupol, Boutcha, en attendant d’autres.

On croyait naïvement qu’avec la dissuasion par la terreur, on aurait éloigné la menace de la guerre au moins en Europe. Lugubre réveil à la réalité.

Face à la montée délibérée en horreur que les armées russes mènent en Ukraine, les démocraties n’ont qu’une seule alternative :

Ou bien s’abstenir d’intervenir directement en soutien de l’Ukraine pour éviter une extension du conflit dans le monde, et laisser la Russie poursuivre son agression et ses exactions, abandonnant l’Ukraine au sort funeste que lui réserve son agresseur. Fin de l’Ukraine, et peut-être à plus long terme, l’O.T.A.N. ayant clairement manifesté sa prudence, menace envers des pays ayant appartenu naguère à la défunte URSS ?

Ou bien, à un moment donné, considérant qu’une ligne rouge restant à définir a été franchie par la Russie, intervenir directement avec troupes et matériels, et on peut sans risque d’erreur pronostiquer la disparition programmée de l’Humanité. Restera-t-il quelques écologistes pour organiser la décontamination de la planète ?

Sombre dilemme pour nous qui croyions avoir définitivement assuré la paix, et qui pensons peut-être que l’Ukraine, c’est loin …

Il faut rappeler une fois de plus ce qu’écrivait Jean Cayrol ancien résistant et écrivain (1910-2005) pour commenter le film « Nuit et Brouillard » d’Alain Resnais :

«  … nous qui feignons de croire que tout cela est d’un seul temps et d’un seul pays, et qui ne pensons pas à regarder autour de nous et qui n’entendons pas qu’on crie sans fin. »

Ou encore le poète et prédicateur britannique John Donne ( 1572-1631) :

«  … N’envoie jamais demander pour qui sonne le glas, il sonne pour toi ».

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27 mars 2022 7 27 /03 /mars /2022 13:15
Macron et l'Enseignement

« Macron et les profs : un débat escamoté ». Philippe Bernard. Le Monde 27/3/2022. P ;36

Mais escamoté par qui ? Les Enseignants, d’indécrotables conservateurs ?

Enseignant conservateur, un oxymore !

Non, Monsieur Macron et vos thuriféraires, les enseignants ne refusent pas de travailler autrement afin de favoriser l ‘accès de tous à la connaissance et d’assurer un bon fonctionnement de l’ascenseur social. Bon nombre d’entre eux s ‘y efforcent déjà spontanément et parfois héroïquement sans reconnaissance. Or, le déclassement de l’enseignement français et le creusement des inégalités perdurent ou s’accroissent.

Les enseignants en sont-ils responsables ? Est-ce véritablement leur travail qui est en cause ? Pour gagner plus, suffirait-il de les contraindre à plus de travail ? Seraient-ils des paresseux ?

On reconnaît que comparés à leurs collègues européens, les enseignants français sont parmi les plus mal payés. Ce qu’ils réclament, c’est qu’avant de leur en demander plus, il conviendrait de reconnaître en toute équité la nécessité d’un rattrapage. Faut-il rappeler qu’en France, le salaire d’un enseignant débutant qui correspondait à 2,3 fois le smig en 1980 ne correspond plus en 2020 qu’à 1,2 fois ce smig ?

Cela une fois réglé, quelques questions dérangeantes subsistent qu’il faudra bien traiter.

Notre patrimoine culturel et artistique, nos connaissances scientifiques ne sont-ils pas l ‘apanage de tous ? Comment en permettre l’accès à tous, sans en édulcorer les contenus sous aucun prétexte ? Et comment favoriser l’épanouissement de toutes les intelligences ?

N’a-t-on pas entendu naguère un ministre de l’Education nationale brocarder les enseignants défenseurs du patrimoine culturel en proclamant par dérision « Gardarem lou Balzac », les assimilant à de braves babacools attardés jadis défenseurs du Larzac ?

Et s’est-on demandé comment des jeunes issus de milieux défavorisés et sans aucune aide extérieure parviennent à assimiler des connaissances parfois ardues, une fois sortis des cours ?

Quant à l’accès au savoir en autonomie, il faudra bien aborder la question des moyens. Combien de temps, souvent anormalement long, de nombreux  lycéens ou étudiants  doivent-ils attendre en bibliothèque pour obtenir en consultation un ouvrage nécesaire à leur travail ? Nos décideurs devraient de temps en temps fréquenter les bibliothèques universitaires ou la bibliothèque Sainte Geneviève à Paris justement proche de l’Assemblée nationale pour en tenter l’expérience. Que de temps perdu à attendre une place ou un livre !

Et que de problèmes de personnel et de moyens, gérés de manière comptable et niés par les adeptes de la calculatrice et du dogme de l’équilibre budgétaire, mais subitement adorateurs du « quoi qui l’en coûte » dès qu’il s’agit de la plus-value ?

Tout cela ne mériterait-il pas une sérieuse concertation avec les praticiens du terrain, mais abstraction faite de la baguette illusoirement  magique du bidouilleur en chef ?

 

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19 mars 2022 6 19 /03 /mars /2022 17:23
Macron à l'école

La mode voudrait qu’on déplore en chœur le manque de considération dont souffrent les enseignants au sein de l’opinion publique.

Mais fait-on ce qu’il faut pour leur reconnaître le mérite qu’ils ont d’assurer stoïquement leur tâche tout en supportant le climat de dénigrement sournoisement entretenu ça et là, jusque dans les allées du pouvoir macronien ? A-t-on au moins remarqué que  des enseignants de plus en plus nombreux changent de métier ou le quittent, ou parfois se suicident ?

Macron candidat à sa propre succession ne promet-il pas d’augmenter les salaires des enseignants mais à condition qu’ils travaillent plus ? Autrement dit, faudrait-il comprendre qu’actuellement ils sont grassement bien payés pour ce qu’ils font ? Bref, tous fainéants ? Sait-on au moins que les enseignants français sont bien moins payés que leurs homologues allemands ou danois par exemple ? Qu’en France, le salaire d’un enseignant débutant qui correspondait en 1980 à 2,3 le smig  ne correspond plus en 2020 qu’à 1,2 du smig ?

Revoilà Jupiter méprisant envers ceux  « qui ne font rien », les « illettrées », ceux « qui ne traversent pas la rue pour trouver du travail », bref « les méprisables queues de cordée » en somme.

Quant aux enseignants, le re-candidat Macron promet un travail collectif, une large concertation de plusieurs mois avec toutes les parties prenantes. Soit. Mais, au moins doit-on lui rappeler les cahiers de doléances passés à la trappe,  le rapport Borlo sur la ville jeté aux orties, les grands débats où chacun croit son propos pris au sérieux avant que Jupiter reprenne la parole pour y opposer doctement Sa Vérité.

Travailler plus ? Mais quid des congés à répétition indigeste, rompant la régularité du rythme adopté par les élèves ? Des élèves ou des professionnels du tourisme, qui doit avoir la priorité ?

Travailler autrement ? Avec quels matériels ?

Le remplacement des professeurs absents ? Un professeur de mathématiques devra-t-il remplacer un collègue de lettres d’histoire ou d’art musical ?

Rien n’est dit du recrutement des enseignants. La réduction des places mises aux concours de recrutement au cours des années passées a condamné les rectorats  à recourir de plus en plus à du personnel auxiliaire. Mais aujourd’hui, avec la suppression du réservoir de l’auxilariat, le remplacement  du personnel absent est devenu problématique. C’est devenu un casse-tête pour tous les rectorats. On a vu des professeurs de lettres ou de langues remplacés à défaut par des étudiants en marketing ou en électricité. Des rectorats recourir au site du « Bon coin » pour recruter des remplaçants, comme on rechercherait un fauteuil Louis XV.

Professeur Tournesol chez Guignol.

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17 mars 2022 4 17 /03 /mars /2022 17:54
Je te tiens, tu me tiens ...

Les puissances disposant de l’arme nucléaire la brandissent comme moyen de dissuasion. Elles sont en mesure de menacer de destruction massive tout agresseur potentiel. C’est ainsi que le monde a vécu une longue période de « guerre froide », où le monde libre s’est opposé au monde communiste, le plus souvent par des conflits non armés, ( blocus de Berlin, mur de Berlin, fusées de Cuba, etc )ou dans des guerres par pays non dotés d’armes nucléaires interposés entre 1945 et 1989.

Dès la chute du mur de Berlin en 1989, le politologue américain Fukuyama émit la thèse de « la fin de l’Histoire », c’est à dire la victoire définitive de la démocratie et du libéralisme, indépassables, et semblait donc sous-entendre que sans  plus d’adversaire, il n’y aurait plus de conflits.

Or, on constate  aujourd’hui combien la politique dite de la dissuasion qui n’a pas comme par enchantement disparu et qu’on considérait un peu hâtivement comme un vaccin contre la guerre produit un effet tout à fait pervers.

Une puissance nucléaire peut impunément agresser une région ou un pays non nucléarisé sans déclencher un conflit généralisé, tout autre puissance nucléaire étant dissuadée par l’agresseur de s’en mêler: dissuasion vous dis-je.

Que fait d’autre aujourd’hui la Russie en cherchant à dévorer l’Ukraine ou à défaut à la pulvériser ? Déjà, les guerres de Corée et d’Indochine pouvaient se mener au cours desquelles se tenaient en respect les Etats-Unis, l’URSS et la Chine.

Et aujourd’hui, il ne s’agit peut-être pas de se demander si la Chine va dévorer Taïwan mais quand le fera-t-elle ? N’a-t-elle pas déjà avalé le Tibet ? Et la dissuasion dans tout ça ?

Quant à Poutine rêvant de restaurer l’espace et la puissance de l’URSS, ne lorgne-t-il pas vers la Moldavie et la Géorgie qui ne bénéficient pas du parapluie de l’OTAN ?

Outre ces bruits de bottes et de cliquetis d’armes, sommes nous bien à l’abri contre un dérapage inopiné après une tension exrême, et qui rendrait la 3è guerre mondiale inévitable, par inadvertance ?

Il faut garder en mémoire que le général Mac Arthur se préparait à franchir la frontière chinoise (le Yalou) pour parachever la guerre de Corée (1950-1953), ou que le secrétaire d’Etat américain aux affaires étrangères Foster Dulles avait proposé à son homologue français Georges Bidaut la bombe atomique pour vaincre le Vietmin après le désastre français de Dien Bien Phu (1954).

On a les Docteurs Folamour(1) qu’on mérite !

(1) Docteur Folamour – Film américian de Stanley Kubrick

En pleine guerre froide, le général de l’Armée de l’air américaine frappé de folie paranoïaque, décide, seul et alors qu'aucune menace ne le justifiait, d’envoyer ses quarante-deux bombardiers B-52 munis de bombes atomiques et de frapper l’URSS.

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15 mars 2022 2 15 /03 /mars /2022 10:33
Dissuasion, jusqu'où?

Pour un pays qui dispose de l’arme nucléaire, la politique de la dissuasion consiste justement à menacer d’y recourir contre tout adversaire potentiel qui l’agresserait. Cela est censé éloigner désormais tout risque de conflit armé qui entraînerait la destruction totale de la planète. Tel fut le climat de la « guerre froide » de 1946 à 1990.

.Les Etats-Unis et la Chine purent se faire la guerre en Corée (1950-1953) sans que l’URSS n’intervienne par crainte du recours à l’arme atomique par les Américains.

De même, les Etas-Unis purent sans risque d’ingérence soviétique noyer le Vietnam communiste sous les bombes et le toxique « agent orange » (1954-1975)

Mais pourquoi les Etas-Unis ne réagirent-ils pas contre l’emploi d’armes chimiques par la Syrie  (2011) ? Contre la Russie confisquant la Crimée (2014) ? Contre la Russie encore cherchant à absorber l’Ukraine (2022- ... ?) ? Et pourquoi la Russie ne s’empare-t-elle pas ( pas encore ?) de ses anciens pays satellites comme la Pologne ou la Hongrie ?  La menace de l’arme nucléaire semble (pour combien de temps encore ?) planer. L’article 5 de l’O.T.A.N. protège ces pays désormais membres sous le parapluie nucléaire américain. Dissuasion donc.

Mais on constate combien cette dissuasion produit des effets pervers. Pas de paix mondiale garantie, au contraire. La guerre est toujours possible, à condition de tenir à l’écart toute puissance disposant de l’arme fatale.

Ainsi, aujourd’hui, la Russie tente impunément d’avaler l’Ukraine sans que la communauté internationale ne puisse réagir militairement. Cela pourrait déboucher accidentellement sur un conflit mondial avec la menace nucléaire. Celle-ci se contente d’aider matériellement l’Ukraine par l’intermédiaire de la Pologne. Et cette aide place la Russie dans une situation hasardeuse, empêchée de venir à bout de son méfait aussi facilement que Poutine l’aurait prévu ou souhaité. Alors, en dernière extrémité, sans le déclarer ouvertement, il brandit la menace nucléaire. Un bombardement à l’ouest de l’Ukraine, à 20 km de la frontière polonaise semble  menacer les Européens et les Etats-Unis d’une extension de la guerre, au risque d’une réplique nucléaire. Dissuasion donc, mais qui a perdu son sens premier. On peut désormais entreprendre contre un pays une guerre classique sans risquer une riposte militaire par crainte d’un conflit nucléaire. L’O.T.A.N. ne tente pas d’aider directement des pays n’en faisant pas partie. Mais demain, interviendrait-elle si Poutine bombardait la Pologne, s’il tentait de reprendre sous sa coupe ses anciens satellites, tels les pays baltes, voire les anciens pays neutres tels la Finlande ou la Suède ?

Et encouragement  pour tous de se doter de cette arme en guise de parapluie contre toute agression. Voir Israel, la Chine, le Pakistan, l’ Inde, la Corée du Nord, peut-être l’Iran et d’autres). La liste n’est manifestement pas close.

Pendant ce temps, la Russie peut se livrer en Ukraine à des actions qu’on peut qualifier de crimes de guerre.

Qu’est-ce qu’un crime de guerre ?

Au sein des Nations Unies, le crime de guerre est défini par les conventions internationales de Genève de 1864, 1906, 1929 et 1949. Cela inclut principalement les cas où une des parties en conflit s'en prend volontairement à des objectifs non militaires, aussi bien humains que matériels. Un objectif non militaire comprend les civils, les prisonniers de guerre et les blessés ainsi que les villes dépourvues d’objectifs militaires.

Il faudra bien qu’un jour, la Cour pénale internationale s’en saisisse.

 

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6 mars 2022 7 06 /03 /mars /2022 16:06
L'Homme et la Bête

« N’oublions pas que nous sommes des êtres vivants issus d’une évolution, et que, par exemple, nous avons 35 % de gènes communs avec les jonquilles et 98 % de gènes communs avec les chimpanzés »

Or, comme disait le généticien Axel Kahn

« Avec deux mille mots, vous obtenez tout aussi bien l’œuvre de Balzac que l’Almanach Vermot…. Car ce qui est important dans le programme génétique, c’est qu’il est uniquement combinatoire. …

Prenez deux phrases. D’un côté  « la peine s’en est allée », et de l’autre, « la reine s’en est allée ». Dans un cas, le chagrin s’est évanoui. Dans l’autre, la femme du Roi est partie .

Une seule lettre s’est trouvée modifiée entre les deux. » Et tout a changé !

Donc, ne cédons pas aux antispécistes qui voudraient nous voir nous prosterner devant les espèces animales en guise de nouvelle utopie comme d’aucuns se pâmaient naguère devant les horreurs léninistes ou maoistes.

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21 février 2022 1 21 /02 /février /2022 09:43
Bruits de bottes

Au dela du bruit et de la fureur, que se dit-on au café du commerce ?

Il y eut durant la guerre froide (1945-1989) de la part des Etats-Unis la politique de « l’endiguement » (containment) pour tenter de contenir l’expensionisme du communisme et du danger soviétique strictement dans son espace acquis. Une série d’alliances territoriales dont l’OTAN constituées autour de l’URSS devait ainsi l’empêcher d’étendre son influence  idéologique ou sa domination territoriale au-delà de sa sphère.

Après la chute du mur de Berlin, la disparition de l’URSS et la dissolution de sa propre alliance, le Pacte de Varsovie, on pouvait espérer l’extinction du climat de guerre froide, et de ses structures armées. Or, rien de tout cela.

Non seulement l’OTAN, alliance des Etats démocratiques de l’Ouest aurour des Etats-Unis fut maintenue, mais des Etats précédemment satellites de l’URSS y furent intégrés. Certes l’expérience vécue les a poussés à se garantir contre tout risque de retour dans le giron soviétique. Mais pour la Russie, n’y avait-il pas là une nouvelle version d’encerclement , alors que pointe désormais à ses fenêtres le risque de voir la Géorgie puis l’Ukraine compléter le dispositif ?

Poutine exige la garantie contractuelle que ni l’Ukraine ni la Georgie n’entreront jamais au sein de l’OTAN. Certes, ces Etats sont souverains et conservent intégralement leurs droits de nouer les alliances qu’ils souhaitent. Les en priver relèverait d’une inacceptable ingérence dans leurs affaires.

Mais n’existerait-il pas une solution détournée pour aboutir à ce résultat ?

Prenons l’exemple de la candidature de la Turquie briguant son admission au sein de l’Union européenne. Rien ne l’empêche d’y prétendre. Mais les tergiversations et arguments dilatoires ne ressemblent-ils pas à un refus déguisé, (mais par ailleurs justifié) ?

Outre la crainte d’un encerclement, on pourrait penser aussi que Poutine refuse de voir à ses frontières un Etat (l’Ukraine) s’acheminer vers la démocratie et servir de vitrine  à ses opposants tendus vers le désir de liberté.

Alors, risque de conflit majeur ? Poutine lancerait-il délibérément  son pays dans un conflit armé dont aucun belligérant ne tirerait un véritable profit, ni territorial, ni économique ? Du cliquetis des armes et du brouhaha menaçant, certes, mais pour impressionner plus que pour passer à l’acte ? Poutine est un autocrate affirmé, mais est-il véritablement un va-t-en guerre ? Ne joue-t-il pas le même scenario qu Kroutchev lors du conflit des fusées de Cuba ? [1]Pousser l bouchon très loin pour obtenir un peu ?

Mais tout cela n’est pour l’heure que murmures de comptoir. A suivre.

 

[1] En 1962, Kroutchev installe à Cuba des rampes de lancement de fusées menaçant le territoire des Etats-Unis, et qu’il accepte de retirer en échange du retrait des missiles installés par les Etats-Unis en Turquie

Bruits de bottes
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31 décembre 2021 5 31 /12 /décembre /2021 10:33
Où va l'Humanité?

Vers toujours plus d’humanité, comme le pensait jadis Georges Steiner, écrivain et philosophe franco-américaine (1929-2020), chaque fois qu’il écoutait une symphonie du divin Mozart ? A voir.

La télévision était censée ouvrir l’esprit, pousser vers le « mieux disant culturel » (dixit François Léotard, ministre de la Culture de mars 1986 à mai 1988) ; Internet allait relier les êtres humains, leur ouvrir l’esprit et le savoir. On a eu la pub dévoreuse d’écran et d’heures et le plus souvent  alléchée par des émissions des plus débiles, et les réseaux sociaux ont ouvert la boîte à délation et parfois à l’appel au meurtre. L’anonymat peut tout.

A ces perles précieuses culturelles et humanistes, ajoutons les très subtiles « bébêtes shows » ou les « guignoles de l’info » tournant les élus du peuple ou les responsables politiques en grotesques girouettes.

Plus tard, le mouvement légitime des « gilets jaunes » a ouvert la voie à des attaques, d’abord verbales, puis physiques ou à bulldozers contre des élus ou des ministres.

Puis des menaces ou des actions brutales. Et désormais, on s’attaque physiquement à qui ne pense ou n’agit pas comme on l’exigerait. La force devrait primer le droit.

Des exemples ? Saccage des boucheries par les très démocrates « vegans », menaces ou attaques contre les soignants qui vaccinent par les « antivax », …

La marche vers la barbarie est amorcée.  Quo non descendam ?

Vrai . On vit une époque formidable !

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