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29 juin 2020 1 29 /06 /juin /2020 11:06
Y a-t-il une communauté internationale?

Rappelons quelques principes de base du droit international :

Le territoire est l'un des éléments constitutifs d’un État, c'est pourquoi le droit international dans le cadre des règles sur le respect des souverainetés étatiques a consacré le principe général de la souveraineté territoriale. On retrouve ce principe dans la Charte de l’Organisation des Nations Unies (O.N.U.). article 2 paragraphe 4 :

« les membres de l'ONU s'engagent à ne pas recourir à l'emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l'indépendance politique de l'Etat de toute manière incompatible avec les buts des Nations Unies ».

Et dans une de ses résolutions, l’Assemblée générale de l’O.N.U. a rattaché l'intégrité territoriale au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

L'évolution du principe a ensuite opéré un saut qualitatif  par l'extension de la garantie aux territoires des peuples qui ne se sont pas encore constitués en Etats

Or, l’Histoire nous a démontré par la suite que selon l’importance politique, diplomatique ou défensive des protagonistes,  ce principe a connu une application à géométrie considérablement variable. Il est arrivé au général De Gaulle de parler d’ «  un peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur »

Il suffit d’en rappeler quelques exemples notables :

Annexion du Tibet par la Chine : protestation de principe sans grands effets.

Annexion du Kowet par l’Irak : 1ère guerre contre l’Irak initiée par les Etats-Unis dont les véritables motivations furent plus stratégiques que juridiques ou morales.

Annexion de la Crimée et intervention russes en Ukraine : timides protestations internationales.

Grandes manœuvres de la Chine dans le Pacifique pour élargir son domaine maritime au détriment de ses voisins : le monde regarde ailleurs

Occupations territoriales successives et installations de colonies en Cisjordanie par Israel, suivies aujourd’hui d’une prétention déclarée d’annexion pure et simple. Droits des palestiniens continuellement bafoués : La réaction internationale est longue à venir.

Que reste-t-il des grands principes généreux qui avaient inspiré les nations constituées en Organisation Internationale au lendemain d’une guerre dont le caractère génocidaire les avait traumatisées ?

Piètre résultat. On parle de « Realpolitik ».

Il a été fait grand tintamarre de conférences et de déclarations sur la préservation de l’état de la planète, mais quel véritable intérêt y aurait-il à lutter pour la qualité de l’environnement si ce n’est que pour laisser ses habitants s’entredéchirer ?

 

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22 juin 2020 1 22 /06 /juin /2020 14:31
Branle-bas de combat

Branle-bas de combat, tous aux abris, le canon tonne !

A droite, c’est l’émoi, on en perd tout entendement.

Or, de quoi s’agit-il ?

Le journal Le Monde rapporte que « l’ancienne patronne du Parquet national financier (PNF), Elianne Houlette a déclaré sous serment avoir subi des « pressions » lors de cette enquête si sensible » (l’affaire Fillon et les emplois fictifs) … le PNF, invoquant un risque de prescription, annonçait l’ouverture d’une information judiciaire, procédure débouchant sur la désignation automatique d’un juge d’instruction, seul à même de signifier des mises en examen ».

Un rappel :

M. Fillon candidat à la Présidence de la République lors des élections de 2017 était présenté par tous les sondages, les medias ainsi que par la plupart des milieux politiques comme le favori des favoris, l’élection paraissant même presque superflue.

Or, voilà que le « canard enchaîné », puis « médiapart » affirmaient que M. Fillon, à l’époque député puis Premier ministre avait fait profiter indûment son épouse d’emplois fictifs, avec confortables indemnités à la clé.

Bien entendu, tout accusé est à priori  présumé innocent.  Mais les accusations paraissant troublantes, il fallait bien entreprendre des investigations afin de prouver  éventuellement son innocence.

Mais au moment de la parution des articles, une très prochaine prescription menaçait de rendre toute enquête impossible. Visiblement, le parquet avait donc estimé urgent de devancer cette échéance, afin que toute la lumière pût être faite, et peut-être l’honneur d’un homme préservé. Et les assertions des publications étaient assez précises pour qu’une enquête approfondie s’imposât.

Elle s’imposait d’autant plus que M. Fillon lui-même, paré de vertu candide, avait demandé sur un ton péremptoire lors d’un meeting de campagne : « Aurait-on vu le général De Gaulle mis en examen » ?, laissant entendre que son concurrent M. Sarkosy l’ayant été devenait un candidat scandaleux, donc illégitime.

Sérieusement, peut-on admettre qu’un Président de la République  puisse avoir été élu alors que des soupçons de corruption pèsent lourdement sur sa personne ? Oui, M. Fillon a eu raison, « Imagine-t-on le Général de Gaulle, président de la République accusé de corruption » ?  Et lui-même donc ?

Jadis, le Président Jules Grévy, indirectement impliqué par son gendre dans un trafic de légions d’honneur tergiversa de longues années avant de démissionner. Cette valse-hésitation déclencha une vague anti-républicaine et prépara la crise du boulangisme.

Mais aujourd’hui, au lieu de se focaliser sur ce problème, la Droite déclenche un tir de diversion en déportant la question sur le sujet de l’indépendance de la justice. Elle avait déjà recouru à la version du « cabinet noir » ou du complot politique, présentant M. Fillon en innocente victime à abattre.

Evidemment, ne soyons pas naïfs. Les circonstances ont paru opportunes pour des adversaires qui n’ont pas hésité à exploiter la situation. Mais la véritable question de fond est : M. Fillon est-il véritablement coupable de ce dont on l’accuse ? Sur ce registre, pour l’heure, les résultats de l’instruction paraissent accablants. A la justice d’en juger. Alors, laissons- la agir en toute sérénité.

 

 

 

 

 

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18 juin 2020 4 18 /06 /juin /2020 15:56
Refaire l'Histoire au gôut du jour?

Réécrire l’Histoire en réclamant des comptes aux personnalités distinguées, en déboulonnant leurs statues, en exigeant la repentance des générations héritières, en se lançant dans une course effrénée à la concurrence victimaire, est-ce ainsi qu’on luttera efficacement contre le racisme ?

Ou donc, haro sur la descendance des civilisations grecque et romaine qui réduisaient les vaincus à l’esclavage, des marchands barbaresques qui organisaient le rapt des populations africaines pour en faire le commerce, et de bien des pogroms des époques médiévale  ou moderne.

Expliquer l’Histoire sans concessions et la rendre intelligible aux générations suivantes exige de tenir compte du contexte philosophique et scientifique de l’époque, de ce qui était légal ou délictueux, d’éviter l’anachronisme, et de ne laisser dans l’ombre aucune part si sombre eût-elle été des personnalités célébrées.

Réécrire l’Histoire au goût du jour est vain et ne sert qu’à brouiller les esprits et à semer la discorde. Pas de repentance rétroactive.

Qui va rectifier le nez de Cléopâtre pour sauver Rome, presser Grouchy d’arriver à l’heure pour éviter la défaite à Waterloo, faire dérailler le train de Lénine pour l’empêcher d’arriver à Pétrograd et déclencher la révolution bolchevique ?

Laissons donc aux historiens le soin d’expliquer ce qui fut réellement, et que les politiques entament un véritable débat de leur ressort au bénéfice de la Cité et non pas de la surenchère victimaire en battant la coulpe de l’ autre.

 

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14 juin 2020 7 14 /06 /juin /2020 16:55
Différence vs racisme

On peut lire dans « le Monde » du 14/15 juin 2020 de Sibeth Ndiaye, membre de « La République en marche » et porte-parole du gouvernement :

«  …faire vivre l'universalisme par un effort envers les minorités visibles. Il faut reprendre ce fil avec audace, renouer avec le réel d'une souffrance. Il nous faut sortir d'une double assignation: la couleur de peau, et l'identité culturelle supposée que désigne cette couleur de peau. Cette double assignation, …  je la vis en tant que ministre lorsqu'on moque mes robes colorées: si j'aime la couleur et le wax, ce serait parce que je suis Noire. « En tenue de cirque », je serais donc « indigne» de représenter la France. Ce n'est pas anecdotique, c'est le signe qu'il faut sortir de cette prison mentale et identitaire".

Disons le clairement et sans détour : « tenue de cirque » ou « indigne de représenter la France »  disqualifient ceux qui se sont autorisé de tels propos envers quiconque.

Mais à tout confondre, on assombrit le débat. Sans aucune intention d’exclure ou de stigmatiser quiconque, il n’est pas indigne de se sentir décontenancé par une manifestation hors norme dans un contexte donné. On peut parier sans risque que si le député des Landes Jean Lassale arrivait au Parlement coiffé d’un large béret, muni d’un bâton de berger et chaussé de gros sabots cela déclencherait les mêmes sourires. Au pire, il peut s’agir d’un conservatisme étroit. Certes, on ne peut exclure la bêtise. Mais où est le racisme là-dedans ? Ainsi :

Alain Finkielkraut, citant l’antrhopologue Claude Levi-Strauss  écrit dans « l’identité malheureuse » :

Ouvrez les guillemets :

  • «  l'humanité ne se développe pas sous le régime d'une uniforme monotonie mais à travers des modes extraordinairement diversifiés de sociétés et de civilisations ».
  • Mais en 1972, Claude Lévi-Strauss prononce à l’UNESCO une conférence, Race et culture, et là, devant les délégués majoritaires et médusés des pays du tiers monde, il fait scandale. Il avait écrit le bréviaire de l'antiracisme; le voici qui montre que « le problème du racisme est bien plus complexe que ne l'affirment tous les jours les « moralistes» en se croyant, qui plus est, lévi-straussiens. À la confusion régnante entre attitudes normales et penchants criminels, Lévi-Strauss oppose une définition aussi précise que possible du racisme. Cette doctrine, dit-il, est une doctrine qui peut se résumer en quatre points : il existe une corrélation entre le patrimoine génétique et les aptitudes intellectuelles; ce patrimoine est commun à tous les membres de certains groupes humains; ces groupes appelés races peuvent être hiérarchisés; cette hiérarchie autorise les « races» dites supérieures à commander, à exploiter les autres, éventuellement à les détruire.

Ce discours scientifiquement indéfendable conduit à des pratiques abominables, mais, prévient solennellement Lévi-Strauss « On ne saurait ranger sous la même rubrique ou imputer automatiquement au même préjugé l'attitude des individus ou des groupes que leur fidélité à certaines valeurs rend totalement ou partiellement étrangers à d'autres valeurs. » Ne pas confondre donc racisme et quant-à-soi. Consommateurs planétaires, nous ne sommes pas, pour autant, des êtres interchangeables et nous avons le droit d'aspirer à ne pas le devenir. « Il n'est nullement coupable de placer une manière de vivre ou de penser au-dessus de toutes les autres et d'éprouver peu d'attirance envers tels ou tels dont le genre de vie, respectable en lui-même, s'éloigne par trop de celui auquel on est traditionnellement attaché. » Et Lévi-Strauss de conclure: "Cette incommunicabilité relative n'autorise pas à opprimer ou à détruire les valeurs qu'on rejette ou leurs représentants, mais, maintenue dans ces limites, elle n'a rien de révoltant. Elle peut même représenter le prix à payer pour que les systèmes de valeurs de chaque famille spirituelle ou de chaque communauté se conservent, et trouvent dans leur propre fonds les ressources nécessaires à leur renouvellement. »

Nous ne produisons du neuf qu'à partir de ce que nous avons reçu. Oublier ou excommunier notre passé, ce n'est pas nous ouvrir à la dimension de l'avenir: c'est nous soumettre. sans résistance, à la force des choses. Si rien ne se perpétue, aucun commencement n'est possible. Et si tout se mélange, non plus. L'ancien et le moderne risquent de sombrer ensemble dans l'océan de l'indifférenciation. Le monde humain et terrestre a besoin de frontières. Lévi-Strauss nous invite donc, nous autres. Français, nous autres, Européens, à revoir nos prétentions à la baisse, sans pour autant renoncer à ce qui nous fonde. Nous devons, dit-il, tirer les leçons du xxe siècle en faisant la place à l'altérité. Mais ne sommes-nous pas nous-mêmes l'autre de l'Autre? Et cet autre n'a-t-il pas le droit lui aussi d'être et de persévérer dans son être? L'abandon de la grande ambition des Lumières, qui était de donner au monde entier notre visage, ne doit pas conduire à l'effacement de ce visage. Et pour bien se faire comprendre, Lévi-Strauss prêche par l'exemple. Dans De près et de loin, un livre d'entretiens avec Didier Eribon, publié en 1998, il affirme que si une communauté ethnique « s'accommode du bruit ou même s'y complaît", 'il ne la vouera pas aux gémonies, il ne prononcera pas son exclusion du genre humain et il se gardera bien évidemment d'incriminer son patrimoine génétique. Toutefois, ajoute-t-il, "je préférerai ne pas vivre trop près, et n'apprécierai pas que sous ce méchant prétexte, on cherche à me culpabiliser ».

Fin de citation.

Que tout cela est justement et bien dit

 

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12 juin 2020 5 12 /06 /juin /2020 12:36
Justice sociale, justice fiscale

Après la violente secousse qu’a provoquée la propagation du covid-19 dans le monde et particulièrement chez nous, et compte tenu de la discipline et de la solidarité avec lesquelles la société dans son ensemble a contribué à la lutte, ne serait-il pas juste qu’en reconnaissance une complète révision soit entreprise pour restituer plus de justice sociale, indispensable à une solide cohésion au sein du pays ?

Une première priorité serait de recalculer l’échelle des salaires en fonction de l’utilité des tâches dans la cité. On a constaté par exemple le rôle indispensable des personnes assurant la propreté et l’hygiène des villes (les éboueurs) ou celui des aides à la personne, du personnel de santé, et dont bien des échelons sont mal rémunérés et mal considérés ; des enseignants appelés à la rescousse pour tenter d’assurer un service minimum utile au fonctionnement de l’économie et au continuum scolaire, et bien mal placés dans l’échelle des salaires eux aussi. Bien loin des salaires des footballeurs par exemple ! Et toute cette participation, au risque de s’exposer en première ligne à la contamination.

Une première perspective de justice sociale concernant les salariés pourrait être de revoir le mode de distribution des bénéfices des entreprises. Rappelons que l’entreprise, ce sont des entrepreneurs, mais ce sont aussi des employés qui la font tourner. Il serait donc justice qu’ils participent à la distribution. Des économistes avaient naguère proposé une distribution des dividendes selon la règle des trois tiers : un tiers pour l’entreprise, un tiers pour les actionnaires et le dernier tiers pour les salariés. Qu’attend-on ?

Pour faire face aux nécessités de la relance, l’Etat ne semble pas hésiter à enfreindre la sacro-sainte règle communautaire européenne de l’équilibre budgétaire. L’équilibre des comptes de la Nation s’éloigne vers un horizon fort lointain. Et la question lancinante est : Où trouver l’argent ?

A l’évidence, même si pour l’heure chacun s’évertue à imaginer des solutions miracles, au bout du compte, c’est le contribuable qui paiera, l’impôt étant la seule ressource pécuniaire de l’Etat. Mais motus ! Il ne faut pas effrayer les citoyens, surtout quand pointe déjà à l’horizon la présidentielle de 2022 dont l’issue paraît incertaine.

Or, la justice sociale voudrait qu’on revoie de fond en comble là aussi le calcul de l’impôt sur le revenu pour le rendre véritablement progressif et socialement juste. Et faire aussi le ménage dans la jungle des niches fiscales. Et que dire de la dite « optimisation fiscale » qui n’est qu’une fraude fscale déguisée ?

Selon les règles actuelles de calcul de l’impôt direct par tranches de revenus :

Un salarié dont le revenu mensuel s’élèverait à 916€ devrait acquitter un impôt de 1210€, soit 100€ par mois. Il lui resterait un revenu de 816€. Autant dire que l’impôt lui retire une partie du nécessaires. Comment après cette ponction, payer le loyer, l’électricité, tout ce qui est incompressible, et après, vivre correctement et s’épanouir ? Autant dire, la quadrature du cercle.

Un cadre dont le revenu mensuel serait de 20 633€ par mois devrait acquitter un impôt de 106 186€, soit 8848€ par mois. Il lui resterait un revenu disponible de 11 785€ par mois. On peut considérer que dans ce cas, l’impôt lui retire seulement une partie du superflu.

Et si on créait une tranche supplémentaire d’imposition à 50% pour la part de revenu annuel  supérieure à 260 000€, soit 21 666€ par mois, l’impôt total acquitté serait de 9 264€ par mois. Il lui resterait un revenu mensuel disponible de 12 402€. Des vacances aux Antilles ou dans le Pacifique seraient encore possibles.

Ah ! On entendrait inévitablement dénoncer à cris d’orfraie l’impôt confiscatoire ! Mais d’un point de vue civique, ce ne serait qu’un mode de justice fiscale et sociale. La voilà la véritable solidarité. Et ce serait un pas vers le nouveau monde si vanté par M. Macron lors de la campagne de la présidentielle de 2017, et qui depuis, s’est évaporé comme l’Arlésienne de Daudet/Bizet. Mais, comme dit la vox populi, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

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7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 11:10
Civilisation, "j'écris ton nom"

Jusqu’à quand ce slogan « Plus jamais ça » brandi à bout de panneaux et clamé à tue-tête  après chaque atteinte aux personnes depuis la découverte en 1945 du génocide contre les juifs de tous pays ?

On pourra multiplier les proclamations, recommencer les manifestations et les marches blanches, rien n’y fera tant que l’Education partout dans le monde ne prendra pas dès l’école à bras le corps et sans faiblesse la dénonciation contre cette hydre dont les têtes sont le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.

Gardons en tête de façon obsessionnelle le beau texte de Jean Cayrol qui clôt le documentaire d’Alain Resnais « Nuit et Brouillard » et qui appelle à la vigilance

« …

Qui de nous veille de cet étrange observatoire pour nous avertir de la venue des nouveaux bourreaux? Ont-ils vraiment un autre visage que le nôtre?

Quelque part, parmi nous, il reste des kapos chanceux, des chefs récupérés, des dénonciateurs inconnus. Il y a nous qui regardons sincèrement ces ruines comme si le vieux monstre concentrationnaire était mort sous les décombres, qui feignons de reprendre espoir devant cette image qui s'éloigne, comme si on guérissait de la peste concentrationnaire, nous qui feignons de croire que tout cela est d'un seul temps et d'un seul pays, et qui ne pensons pas à regarder autour de nous et qui n'entendons pas qu'on crie sans fin ».

 

Sans fin ?

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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 15:43
Etrange Amérique!

Lu dans TELERAMA N° 3673 du 6 au 12 juin 2020, pages 4 à 8, dans un reportage consacré à Donna J. Haraway, philosophe et biologiste américaine, ces savoureux morceaux choisis :

 

« Et si nous faisions équipe avec les pigeons? La philosophe et biologiste américaine invite à créer de nouveaux liens de parenté avec les non-humains comme avec les humains. Et appelle à la fin d'un capitalisme destructeur.

A 75 ans, Donna J. Haraway nous invite à faire exploser tous les carcans et à apprendre à vivre « connecté aux autres», humains et non-humains. Le seul chemin possible, nous explique-t-elle depuis sa maison confinée de Californie, pour penser et vivre à l'heure du désastre écologique.

 

En tissant des liens les uns avec les autres, humains et non-humains. En apprenant, par exemple, à connaître et aimer les insectes pollinisateurs des plantes qui nous entourent, les microbes avec lesquels nous vivons ... En développant des rituels collectifs: partager un repas et célébrer la bonne nourriture

 

Comment les corbeaux ou les corneilles portent-ils le deuil, celui-ci n'étant pas une spécificité humaine? Ces histoires sont indispensables pour prendre soin les uns des autres et cultiver les arts de bien vivre et de bien mourir ensemble ».

 

Il y a déjà ceux qui croient au créationnisme, faisant une lecture fondamentaliste des textes bibliques : la terre et l’Univers auraient été créés par Dieu il y a exactement 6000 ans, en six jours de 24 heures, exactement comme nous le rapporte la Bible.

Et puis surgit un courant anti-spéciste, niant une quelconque différence de nature entre ceux qu’ils appellent les « animaux humains » et les « animaux non-humains ». Ceux-là professent un rigoureux véganisme, voulant interdire toute consommation ou utilisation de ce qui provient du monde du vivant. Pas d’alimentation carnée donc, ni œufs ni lait ni miel, mais aussi pas de vêtements confectionnés à l’aide de matériau prélevé sur l’espèce animale, tel que le cuir, la laine ou la soie, etc…

Maintenant, voilà qu’il faille chercher sérieusement à comprendre pourquoi corbeaux corneilles et pies, « nos semblables non humains » (sic),  portent habituellement le deuil alors que nous, animaux humains, nous ne l’endossons qu’en cas de perte d’un proche. Et dans la foulée, avant même qu’ils veuillent bien nous en livrer le sens profond, nous pourrions « partager un repas et célébrer la bonne nourriture », mais attention, végétarienne, of course! Et peut-être nous faudrait-il faire au préalable quelques excuses à nos semblables végétaux pour devoir les croquer à belles dents ?

Et dire que toutes ces élucubrations nous viennent des Etats-Unis d'Amérique.

Décidément, l’Amérique est une région de paradoxes. On redoute de tuer un microbe, notre semblable, en croquant une feuille de salade, cherchant à préserver de destruction massive toutes les espèces que Noé aurait véritablement sauvées du Déluge, et on tue sans hésitation Georges Floyd par asphyxie lors d’une interpellation de routine.

Obélix dirait: « Ils sont fous, ces yankees »

 

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31 mai 2020 7 31 /05 /mai /2020 13:00
de la démocratie à la ratatouille

1965, Pierre Dac annonçait sa candidature à la présidentielle au nom du « Mouvement Ondulatoire Unifié (M.O.U.) » avec pour slogan : « Les temps sont durs, vive le MOU ! » et un  programme qui devait le conduire disait-il « sinon à la magistrature suprême, du moins à la station de métro la plus proche de l'Elysée».

1981, Coluche réitérait l’opération en déclarant « Je propose qu'on vote pour un imbécile qui n'y connaît rien, c'est-à-dire moi. » et  appelait : « les fainéants, les crasseux, les drogués, les alcooliques, les pédés, les femmes, les parasites, les jeunes, les vieux, les artistes, les taulards, les gouines, les apprentis, les Noirs, les piétons, les Arabes, les Français, les chevelus, les fous, les travestis, les anciens communistes, les abstentionnistes convaincus, tous ceux qui ne comptent pas pour les hommes politiques à voter pour moi, à s'inscrire dans leurs mairies et à colporter la nouvelle.

Jusqu’à présent la France est coupée en deux, avec moi elle sera pliée en quatre ».

2020 : Jean-Marie Bigard ne voulant sans doute pas laisser le monopole de l’humour (si, si il s’agit d’humour) à quiconque, déclare :

« Oui, ça pourrait m'intéresser. Si ça pouvait aider au peuple à avoir une voix sincère, qui ne ferait partie d'aucun parti politique, ça pourrait me tenter… Tu remarqueras que Parlement et gouvernement, ça finit par ment, … il n'y a plus aucun lien entre eux et le peuple. Et quand le peuple va vraiment se réveiller, ça va faire très mal. Des têtes vont devoir tomber… »

Et il ajoute que « son bras touche au trône »

Défense de rire ! On a remarqué le changement de registre.

On mesure le chemin parcouru en à peine plus d’un demi-siècle. Quel rapport avec la démocratie? Voyons.

Craignant que la démocratie soit faussée par l’intrusion de la pitrerie, De Gaulle en 1965, puis Giscard d’Estaing et Mitterrand en 1981 obtinrent subtilement que les saltimbanques renoncent à un projet que d’ailleurs sans doute ni l’un ni l’autre n’avaient sérieusement l’intention de mener jusqu’au bout. Chacun demeurait dans son couloir.

Et pour 2022 ?

En 2020, Bigard, lui, a eu droit à un appel téléphonique de Macron. Le Président serait-il sensible à l’humour (hum !) que pratique si finement Bigard ? Mais allons plus loin. Une candidature Bigard ne présenterait-elle pas l’avantage de fixer sur son nom  des voix qui auraient bénéficié au R.N. ? Du coup, avec l’effondrement du R.N. concocté et compte tenu de la déconfiture annoncée des oppositions, Macron serait à peu près assuré de figurer à un second tour programmé à la première place du duel qu’il appelle de ses vœux. Mais bon sang, mais c'est bien sûr, c’est le jeu de billard annoncé.

C’est fou ce qu’on vit une époque formidable !

 

 

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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 10:21
jeu à trois bandes

« L’ humoriste » (si, si !) Jean-Marie Bigard aurait évoqué la possibilité de sa candidature à la prochaine élection présidentielle au cas où il jugerait « la situation préoccupante » (sic). Ça sonne comme du Coluche, ça ressemble à du Coluche, mais ça n’est pas du Coluche. Et il paraît que le Président Macron lui aurait téléphoné. Et Bigard de déclarer avec son habituelle élégance: « Je ramène ma gueule je chie sur le président, et le président m’appelle. Je trouve ça génial » (Le Monde 30/5/20).

Génial en effet. Le président s’intéresse-t-il véritablement au monde du spectacle et de la variété sous toutes ses formes quelle qu’en soit la finesse ? Ne pourrait-on y subodorer un jeu à trois bandes ?

La manœuvre du parti présidentiel et de son chef consiste à ce qu’au second tour de la prochaine présidentielle se rejoue le duel Macron/Le Pen. Comprendre : «  Entre eux (R.N. ex F.N.) et nous (L.R.M.) il n’y a rien ».

Mais cette fois rien n’est plus sûr. Il n’est plus absolument certain que devant une telle éventualité le réflexe républicain des présidentielles de 2002 et 2017 se reproduise. Le fossé entre le Président et le peuple s’est considérablement creusé et nombreux des  électeurs notamment de gauche qui lui avaient apporté leurs suffrages pour la victoire en 2017 rongent leur frein. Pour eux, en cas de duel LRM/RN ce pourrait être la pêche à la ligne ou la belote. Et tant pis, que vogue la galère !

Dans ces conditions, le parti présidentiel ne chercherait-il pas à se garantir d’avance un matelas électoral à la droite de la droite tout en déshabillant le R.N. ?

Macron a déjà esquissé la danse du ventre auprès de Philippe Devilliers pour l’ouverture du Puy du Fou. Il reste à caresser les beaufs dans le sens du poil en cajolant le distingué Bigard.

Sera-ce suffisant ? Un pari bien risqué. Voilà une solution bien paresseuse. Il y a tant à faire. Selon une des raffarinades, « la route est longue et la pente est raide ».

 

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 13:40
Physique, social, que comprendre?

« Distanciation sociale » revient fréquemment dans les propos de certains responsables, quand il s’agit en réalité de distanciation physique, révélant ainsi chez eux une certaine réalité inconsciente ou inavouée. Car écoutons bien tout ce qui se dit des solutions envisagées pour redresser l’économie malmenée par le surgissement de la pandémie coronavirienne.

L’Etat va engager des sommes gigantesques, on parle de 300 milliards d’euros, pour empêcher le naufrage économique du pays. Exit alors la réduction de la dette du pays et les sacrosaints 3% de déficit autorisés par la Commission Européenne.

On peut considérer que cette démarche est judicieuse pour la santé du pays et de l’emploi. Car il est vrai, sans industrie, pas d’emploi.

Mais où trouver l’argent, ou plus exactement, comment renflouer ce creusement de la dette ? C’est là qu’il s’agit de bien prêter l’oreille.

On aurait pu imaginer entre autres de rétablir l’impôt sur la fortune immobilière, ne serait-ce qu’en signe de solidarité des plus riches, imposer à égalité capital et salaire, débusquer plus rigoureusement l’évasion fiscale, ajouter une nouvelle tranche d’imposition pour les revenus les plus élevés, fixer une limitation à la distribution des dividendes aux actionnaires, bref il y a dans le domaine des retenues un filon à explorer sans qu’il n’y ait une atteinte conséquente quelconque au niveau de vie des plus fortunés qui peuvent dormir de leurs deux oreilles sans craindre que le lendemain leur laissera l’estomac creux.

Mais qu’entend-t-on plutôt ?

Dans le sillage du MEDEF on suggère de travailler plus sans augmentation de salaire, ou qu’on supprime une semaine de congé, ou bien encore qu’on supprime certaines primes, on va même imaginer qu’il serait possible de toucher à l’épargne des citoyens, autant de suggestions qui préserve le pactole des possédants et comme d’habitude, que seul le monde du travail serve de variable d’ajustement.

Et surtout, quid sur le plan social ? Les resto du cœur ont été créés en France par Coluche en 1985 pour suppléer à la misère des plus humbles. Provisoirement, pensaient Coluche et ses soutiens, dans l’espoir que les pouvoirs publics dont c’est le rôle s’y substitueraient. Qu’en est-il aujourd’hui, 35 ans après ? Plus de nécessiteux aux portes des permanences de ces organisations. Plus de sans-abris, de sans ressources, de travailleurs pauvres ! Et combien de milliards d’euros pour ceux-là ? Que nenni, l’équilibre budgétaire, vous dit-on !

Et quand Macron affirme bravache qu’il ne sera pas question de revenir à l’avant pandémie, qu’entend-il par ce propos qui ne mange pas de pain ? Se rappelle-t-il au moins les charges de CRS contre ces aides-soignantes quand elles revendiquaient plus de revenus et de considération ?

Pense-t-il à l’écart existant entre la rémunération d’un footballeur moyen plus de 100 fois supérieure à celle d’une aide soignante, ou entre celle d’un quelconque saltimbanque de la télévision qui débite entre deux pubs des vulgarités et 100 à 300 fois supérieure à n’importe quel videur de poubelles pleines des déjections des nantis ? Se penchera-t-on enfin sur la valeur sociale des tâches assurées par tous ces travailleurs de l’ombre qui assurent quotidiennement la santé, le confort et la sécurité des citoyens ?

Alors ? Vous avez dit « distanciation sociale » ? Où allez vous chercher cela ? On croyait en avoir fini avec « la lutte des classes ».

Mais chassez le naturel, il revient au galop, et il risque de vous éclater à la figure !

 

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