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29 novembre 2022 2 29 /11 /novembre /2022 13:03
Les enfants gâtés

On se souvient que les internes des hôpitaux avaient obtenu naguère l’imposition du numerus clausus pour l’admission aux études de médecine, ce qui en pratique leur épargnait une trop grande dispersion des patients éventuels, et donc par voie de conséquence la garantie d’un certain niveau de revenu.

Rappelons aussi plus récemment la fronde des médecins contre la généralisation du tiers payant. Le but de cette règle consistait à faire revenir dans les cabinets médicaux les plus démunis qui ne se soignaient plus faute de moyens pécuniaires.

En cas de besoin d’intervention en hôpital public, on vous repond que l’attente d’un rendez-vous risque de durer des mois, mais si vous acceptez un rensez-vous en consultation privée (donc payant) dans ce même hôpital, avec le même praticien, ce sera beaucoup plus rapide ! Il y a des lits d’hopitaux publics personnellement réservés à des praticiens de l’établissement.

Imaginez dans un lycée public, un professeur déclarant à un parent d’élève : « Votre enfant éprouve de grandes difficultés à assimiler en classe les théorèmes mathématiques et risque le redoublement, mais si vous l’inscrivez à un des cours que j’assure à mon domicile, il sera assuré d’accéder à la classe supérieure l’an prochain ! Gare, les dégâts !

Aujourd’hui, afin de lutter contre les déserts médicaux, les pouvoirs publics veulent engager les internes à consacrer une partie de leur formation à  la parfaire en « l’effectuant en priorité dans des zones où la démographie médicale est sous dense ».

Que tout cela est bien dit !

Mais au moins, il faut y voir une tentative du gouvernement de répondre aux besoins sanitaires d’une populatin croissante qui ne parvient plus à accéder à un praticien.

D’un côté, peur de pouvoir se soigner, encombrement déplacé des services d’urgence, de l’autre côté bruits et fureur injustifiés. Faut-il rappeler à ces enfants gâtés le serment dit d’Hippocrate selon lequel

 « Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.…Je ferai tout pour soulager les souffrances.…je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j’y manque. »

Et n’oublions pas que tout ces petits marquis font toutes leurs études aux frais de l’Etat, et qu’on serait en droit d’attendre qu’ils en rendent une partie au moins à la société par leur dévouement. Personne ne les contraint à devenir médecin., ils tendent de plus en plus à se comporter en parfaits fonctionnaires : Horaires fixes, pas de sorties du cabinet, limitation du nombre de patients dans le cadre des horaires, mais surtout pas d’accès direct, …

Mais les fonctionnaires, eux, sont soumis à une grille de rémunération, reçoivent leur affectation dans le cadre d’un tableau dit de garnison en fonction de leur classement de sortie. Ceux qui ont été formés dans des instituts de formation signent un engagement de dix années au service de l’administration.

Un policier, un gendarme, un pompier, un enseignant choisissent-ils leur horaire de service, le nombre de leurs « patients », peuvent-ils refuser une affectation échue par statut ?

Si la médecine doit tendre vers un cadre statutaire administratif, que les règles de la fonction publique leur soient appliquées systématiquement.

 

 

 

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