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21 février 2022 1 21 /02 /février /2022 09:43
Bruits de bottes

Au dela du bruit et de la fureur, que se dit-on au café du commerce ?

Il y eut durant la guerre froide (1945-1989) de la part des Etats-Unis la politique de « l’endiguement » (containment) pour tenter de contenir l’expensionisme du communisme et du danger soviétique strictement dans son espace acquis. Une série d’alliances territoriales dont l’OTAN constituées autour de l’URSS devait ainsi l’empêcher d’étendre son influence  idéologique ou sa domination territoriale au-delà de sa sphère.

Après la chute du mur de Berlin, la disparition de l’URSS et la dissolution de sa propre alliance, le Pacte de Varsovie, on pouvait espérer l’extinction du climat de guerre froide, et de ses structures armées. Or, rien de tout cela.

Non seulement l’OTAN, alliance des Etats démocratiques de l’Ouest aurour des Etats-Unis fut maintenue, mais des Etats précédemment satellites de l’URSS y furent intégrés. Certes l’expérience vécue les a poussés à se garantir contre tout risque de retour dans le giron soviétique. Mais pour la Russie, n’y avait-il pas là une nouvelle version d’encerclement , alors que pointe désormais à ses fenêtres le risque de voir la Géorgie puis l’Ukraine compléter le dispositif ?

Poutine exige la garantie contractuelle que ni l’Ukraine ni la Georgie n’entreront jamais au sein de l’OTAN. Certes, ces Etats sont souverains et conservent intégralement leurs droits de nouer les alliances qu’ils souhaitent. Les en priver relèverait d’une inacceptable ingérence dans leurs affaires.

Mais n’existerait-il pas une solution détournée pour aboutir à ce résultat ?

Prenons l’exemple de la candidature de la Turquie briguant son admission au sein de l’Union européenne. Rien ne l’empêche d’y prétendre. Mais les tergiversations et arguments dilatoires ne ressemblent-ils pas à un refus déguisé, (mais par ailleurs justifié) ?

Outre la crainte d’un encerclement, on pourrait penser aussi que Poutine refuse de voir à ses frontières un Etat (l’Ukraine) s’acheminer vers la démocratie et servir de vitrine  à ses opposants tendus vers le désir de liberté.

Alors, risque de conflit majeur ? Poutine lancerait-il délibérément  son pays dans un conflit armé dont aucun belligérant ne tirerait un véritable profit, ni territorial, ni économique ? Du cliquetis des armes et du brouhaha menaçant, certes, mais pour impressionner plus que pour passer à l’acte ? Poutine est un autocrate affirmé, mais est-il véritablement un va-t-en guerre ? Ne joue-t-il pas le même scenario qu Kroutchev lors du conflit des fusées de Cuba ? [1]Pousser l bouchon très loin pour obtenir un peu ?

Mais tout cela n’est pour l’heure que murmures de comptoir. A suivre.

 

[1] En 1962, Kroutchev installe à Cuba des rampes de lancement de fusées menaçant le territoire des Etats-Unis, et qu’il accepte de retirer en échange du retrait des missiles installés par les Etats-Unis en Turquie

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