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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 16:55
La loi, la liberté

A Grenoble, deuxième nuit de dégradations et d’incendies après la mort de deux jeunes à scooter le samedi 2 mars

 

L’avocat des familles des deux jeunes accidentés demande :

« Qu’est-ce qui a pu conduire des services de police à prendre en chasse un scooter avec un mineur et un jeune majeur ? (...) Qu’est-ce qui pouvait fonder une telle prise de risques ? C’est sur les circonstances exactes de ce soi-disant accident que les familles attendent des réponses « .

Or, voici ce qui apparaît déjà dans les medias d’après les premiers témoignages provenant du chauffeur de car, de personnes présentes à proximité de l’accident  et des caméras de vidéo-surveillance :

 

Adam et Fatih circulaient sans casque sur un scooter de grosse cylindrée, volé et dépourvu de plaques, lorsqu’ils ont trouvé la mort, samedi soir, en percutant un autocar, alors qu’ils tentaient d’échapper à un véhicule de la brigade anticriminalité (BAC) qui les poursuivait.

Les deux jeunes étaient connus des services de police pour des faits de petite délinquance.

Le drame est survenu vers 22 h 30 non loin d’un pont et d’une bretelle d’autoroute. Ayant aperçu le scooter dans son rétroviseur, suivi d’un véhicule de police, le conducteur du bus – dont les tests d’alcoolémie et aux stupéfiants se sont avérés négatifs – affirme avoir serré à droite pour les laisser passer.

A ce moment-là, les deux jeunes tentaient, eux, de le doubler par la droite et ils se sont retrouvés coincés contre le parapet, selon le procureur.

Plus tôt dans la soirée, un scooter similaire avait été signalé pour des infractions routières, avant la course-poursuite fatale. Pour les enquêteurs, il s’agit du même engin, « mais le lien n’est pas encore totalement avéré ». Pour autant, l’intervention des policiers était « totalement justifiée », d’après le parquet : ils n’auraient pas suivi les deux jeunes « s’ils n’avaient pas mis les autres usagers de la route en danger, en brûlant des feux rouges, en roulant sur le trottoir, en roulant à vive allure ».

Le quartier avait déjà connu une flambée de violences il y a une semaine après l’arrestation d’un homme détenteur de cannabis par une brigade spécialisée.

Si on comprend bien, quelles qu’en soient les circonstances, dès qu’en cherchant à échapper à un contrôle de police, des jeunes en situation irrégulière se retrouvent en péril et parfois y trouvent la mort, la faute en revient systématiquement aux policiers qui se voient pratiquement accusés d’avoir voulu exercer leur rôle, qui est de faire respecter la loi, et de sanctionner les contrevenants.

En conséquence, pour être tout à fait logique, puisqu’il ne faut pas appliquer les lois, autant ne pas en élaborer. Et puisqu’il n’y a plus de lois, autant supprimer le Parlement dont c’est le rôle de les adopter. Belle source d’économies en perspective, à une époque où l’Etat est si impécunieux et en recherche effrénée de ressources.

Plus sérieusement, on comprend bien que la situation sociale de certaines populations les rend plus vulnérables et les pousse à se mettre en révolte contre les institutions. Mais une éducation au civisme s’avère plus que jamais indispensable pour inciter tout un chacun au respect de la loi et de l’ordre public.

La police comme tous les organes institutionnels a sans doute bien des défauts. Mais vouloir à tout prix lui faire endosser tous les péchés de l’Humanité n’est pas la meilleure preuve de l’esprit républicain.

Pour finir, citons ce propos du religieux dominicain du XIXè siècle, Henri Lacordaire :

« "Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit"

Alors, faire des lois ?  Et les respecter, donc ?

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