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14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 16:27
Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps (Boris Vian)

Nous sommes entièrement d’accord avec vous quand vous vantez le modèle social français, qui fait de notre nation « une des plus fraternelles et des plus égalitaires ».

Hélas, le consensus s’arrête là. Ce modèle que vous célébrez avec tant d’ardeur, c’est celui qu’a instauré le C.N.R (Centre National de la Résistance). sous la houlette du Général de Gaulle au lendemain de la seconde guerre mondiale, et que des gouvernements successifs ont enrichi.. Mais depuis que vous êtes parvenu au pouvoir, vous n’avez eu de cesse de le détricoter et de rendre le libéralisme économique plus dur aux plus faibles et plus vorace en gains, abandonnant des pans entiers de notre industrie et de nos emplois. Le peuple réagit et gronde.

Alors, devant les graves évènements qui ébranlent notre pays depuis deux mois, vous nous annoncez un grand débat national. « Pour moi, il n’y a pas de questions interdites ». On devrait comprendre que tout peut être mis sur la table.

Or dans la foulée, vous nous dites : « je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle ». Véritable rétropédalage qui nous souffle qu’il ne sera pas question de contester votre politique qui n’a pourtant cessé de creuser les inégalités et de gonfler outrageusement les grosses fortunes.

Or, tout de même, retenons que lors de l’élection présidentielle de 2017, si au deuxième tour vous avez rassemblé 66,10% des voix, c’est parce que les électeurs ont rejeté avec une forte détermination votre concurrente, Madame Le Pen. Mais au premier tour, qui indique véritablement un choix, vous n’avez réuni sur votre programme que 24,01% des voix. C’est à dire que plus de 75% ( les trois quarts des votants) de ceux qui ont décidé d’exprimer un choix ont rejeté votre programme. Selon le vieil adage, au premier tour, on choisit, au second tour, on élimine. Comment alors considérer raisonnablement que votre programme obtient l’assentiment de la majorité de nos concitoyens ? N’y a-t-il pas compte tenu de ces circonstances, nécessité absolue de réajuster votre projet en fonction des conséquences catastrophiques qu’il provoque sur le plan social et la colère qui gagne le pays ? Ecart grandissant entre les plus riches et les plus pauvres,  atteinte au niveau de vie des retraités et de la classe moyenne, cadeaux aux plus riches sans contrepartie mais  suspicion tatillonne envers les chômeurs pris pour des tricheurs, fiscalité injuste, précarisation accrue des travailleurs. Et pour couronner le tout, suppression de l’Impôt sur la fortune mobilière, ce marquage symbolique d’une société solidaire. Et il ne faudrait pas évoquer ce problème, alors que l’on demande aux citoyens de consentir des sacrifices pour permettre un redressement de la situation économique du pays, mais qu’on ne voit pas venir ?

Dans ces conditions, le grand débat que vous nous annoncez risque de n’être au mieux, qu’un grand bla bla bla, ou au pire, le risque d’une profonde empoignade au sein de la société pourtant déjà  bien pantelante.

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